Facebook, en pleine crise de réputation, engrange des profits solides

Facebook, en pleine crise de réputation, engrange des profits solides

Le 25 octobre 2021 à 21h39

Modifié le 26 octobre 2021 à 14h43

Révélation après révélation, les petits secrets de Facebook sont étalés au grand jour, ce qui n'empêche en rien le géant des réseaux sociaux de continuer à engranger des profits et à satisfaire les investisseurs.

Facebook a dégagé 9,2 milliards de dollars de bénéfices nets au troisième trimestre, soit 17% de plus qu’il y a un an, rare bonne nouvelle pour le groupe californien, plongé dans l’un de ses pires scandales.

La plateforme est accusée par une lanceuse d’alerte, des ONG et de nombreuses autorités de privilégier depuis des années les profits aux dépens de la sécurité et de la santé des utilisateurs.

« Nous assistons à un effort coordonné pour utiliser de façon sélective des documents internes afin de peindre une fausse image de notre entreprise », a déclaré le patron Mark Zuckerberg lors d’une conférence téléphonique aux analystes lundi.

De juillet à septembre, Facebook a réalisé un chiffre d’affaires de 29 milliards de dollars sur la période, légèrement en-dessous des attentes des investisseurs, qui escomptaient 500 millions de plus.

Son titre prenait quand même près de 4% lors des échanges électroniques d’après Bourse.

Les deux réseaux (avec Instagram) et messageries (WhatsApp et Messenger) sont désormais fréquentés par 2,8 milliards de personnes tous les jours (11% de plus qu’il y a un an) et par 3,58 milliards d’utilisateurs au moins une fois par mois (+12%).

« Déluge de presse négative »

De quoi rassurer Wall Street, qui regarde avant tout si les plateformes continuent d’attirer le public, et donc les annonceurs.

Facebook détient 23,7% du marché publicitaire numérique mondial en 2021, selon le cabinet eMarketer, juste derrière son voisin Google, numéro un du secteur avec 28,6% de parts du gâteau.

La firme « fait face à son pire déluge de presse négative, et cela va continuer », a noté Debra Aho Williamson, une analyste de eMarketer. Mais pour l’instant, ses revenus « ont l’air aussi bons qu’attendus », a-t-elle ajouté.

Depuis plus d’un mois, les journaux américains égrènent des articles fondés sur les « Facebook papers », des milliers de documents internes remis à la SEC, l’autorité boursière, par Frances Haugen, une lanceuse d’alerte et ancienne ingénieure du groupe californien.

En fil rouge des polémiques : le géant des réseaux sociaux connaissait les dangers – contenus toxiques sur Instagram pour les adolescents, désinformation sur Facebook qui nuit à la démocratie, etc – mais a choisi, en partie, de les ignorer, par souci de préserver ses profits.

Ce week-end, des quotidiens américains ont braqué les projecteurs sur le rôle de Facebook dans la polarisation des sociétés. D’après des chercheurs employés par la firme, des utilisateurs américains et indiens, aux vues politiques a priori modérées, sont surexposés à des contenus extrémistes ou conspirationnistes.

En cause : des algorithmes cherchant à maximiser l’attention des consommateurs, moteur essentiel de la croissance du groupe.

Rassurer

Face à cette nouvelle vague de critiques, Facebook se défend en rappelant ses investissements conséquents pour assainir ses plateformes, lutter contre les contenus trompeurs, haineux et problématiques et soutenir le processus démocratique, y compris dans des langues autres que l’anglais.

« La réalité, c’est que les réseaux sociaux ne sont pas les principaux responsables de ces problèmes et ne peuvent pas les réparer tous seuls », a insisté Mark Zuckerberg.

Il a aussi tenté de rassurer les investisseurs sur le principal sujet d’inquiétude financière du groupe, en ce moment : la dernière mise à jour du système d’exploitation de l’iPhone, qui donne plus de contrôle aux utilisateurs sur leurs données confidentielles et complique la tâche aux réseaux sociaux en matière de mesures d’efficacité.

Snap, maison mère de Snapchat, a publié des résultats décevants la semaine dernière à cause de ce changement, qui a fait plonger son action et entraîné celle de Facebook également vers le bas.

« Nous pensons que nous serons capables d’aller de l’avant malgré ces vents contraires, grâce aux investissements que nous faisons aujourd’hui », a assuré Mark Zuckerberg.

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