Cannabis : le CESE appelle à tourner la page des poursuites judiciaires

Le CESE appelle à instaurer "une stratégie intégrée de développement économique, social et environnemental dans les zones de culture du cannabis".

Cannabis : le CESE appelle à tourner la page des poursuites judiciaires

Le 21 octobre 2021 à 11h52

Modifié 21 octobre 2021 à 13h03

Le CESE appelle à instaurer "une stratégie intégrée de développement économique, social et environnemental dans les zones de culture du cannabis".

Le Conseil économique, social et environnemental appelle, dans un communiqué, à instaurer « une stratégie intégrée de développement économique, social et environnemental, dans les zones de culture du cannabis ».

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a consacré le focus de son rapport annuel, au titre de l’année 2020, à l’examen de la situation économique, sociale et environnementale dans les zones de culture du cannabis.

Ce focus est le fruit d’un processus d’écoute et de consultation d’acteurs institutionnels, d’experts, d’élus locaux, d’associations, de réseaux de citoyens, vivant dans les zones concernées par la culture du cannabis (focus-groupe) ainsi qu’un échantillon représentatif de la population marocaine (sondage), indique le CESE dans un communiqué. Ce focus vise à « susciter une prise de conscience nationale, sur la nécessité de changer la situation des zones de culture du cannabis, qui se caractérise par un préjudice aussi bien économique, social qu’environnemental ».

Le CESE s’est donc intéressé à la manière dont les Marocains perçoivent la culture du cannabis. Il a ainsi réalisé un sondage auprès d’un échantillon représentatif de la population marocaine de 1.054 personnes âgées de 18 à 69 ans.

Voici quelques-uns des principaux résultats :

– 59% des personnes sondées ont lu, vu ou entendu des informations sur le cannabis récemment, principalement sur sa réglementation (62%) et son utilisation à des fins médicinales (43%) ;

– 94% des personnes sondées s’accordent sur le caractère historique de la culture du cannabis au Maroc. Elles sont à 91% à penser qu’elle constitue la seule source de revenus, pour les familles de certains territoires et contribue à la création d’emplois et 86% au développement économique ;

– 47% des sondés pensent que la culture du cannabis contribue à la dégradation de l’environnement et 77% considèrent que la consommation du cannabis impacte négativement la santé ;

– 79% des sondés pensent que la culture du cannabis devrait être permise, sur autorisation spéciale. 64% des personnes interrogées pensent que l’autorisation doit concerner, exclusivement, les régions historiquement cultivées et 58% les habitants des régions où elle est historiquement cultivée uniquement ;

– Plus de 80% pensent que la légalisation du cannabis (à usage thérapeutique, cosmétique ou industriel) aura un impact positif sur les aspects économiques, notamment en ce qui concerne l’export de produits médicaux, la création d’emplois dans les territoires concernés et l’économie du Maroc en général.

Voici quelques-unes des recommandations formulées par le CESE :

A la lumière de ces résultats, le CESE appelle à « concevoir et mettre en œuvre une stratégie intégrée de développement économique, social et environnemental, dans les zones de culture du cannabis, incluant les cultivateurs locaux et les associant aux divers usages licites de la plante et à sa transformation industrielle ».

– Apaiser le climat social en vue de tourner la page des poursuites judiciaires, à l’encontre des cultivateurs et leurs familles. Des mécanismes de concertation entre l’État, les collectivités territoriales et la société civile dans la région devraient être mis en place, afin de construire, ensemble, un avenir de développement et de progrès au bénéfice de tous ;

– Concevoir et mettre en œuvre un programme d’urgence de développement d’infrastructures routières et de petits ouvrages d’art, dans le but de désenclaver les zones de culture du cannabis et de faciliter le développement de l’activité économique. Ce désenclavement des zones rurales, comprend foncièrement l’accès aux services sociaux de base, d’éducation, de formation professionnelle et de santé. Il en est de même pour les réseaux de télécommunication qu’il importe de mettre à niveau, afin de permettre le désenclavement numérique de ces zones;

– Concevoir et mettre en œuvre un programme spécial de développement d’activités économiques et sociales, génératrices de revenus et d’emplois, afin de réduire les causes de tensions sociales et diversifier les sources de revenus de la population, fortement focalisées sur le cannabis ;

– Construire une filière intégrée du cannabis thérapeutique et industriel en valorisant, à l’échelle locale, le cannabis par un développement conjoint de la production et de la transformation de la plante avec, d’une part, les agriculteurs/producteurs de la plante qui pourront procéder à certaines transformations de la plante et vente de produits dérivés et, d’autre part, des industries transformatrices et extractrices, capables d’aller jusqu’à la composition pharmaceutique ou à tout autre produit à haute valeur ajoutée ;

– Prévoir des incitations spécifiques pour attirer les investissements et le savoir-faire national et international vers la région, dans les activités de transformation du cannabis.

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