5G au Maroc : Les opérateurs à l’affut des licences

L'ANRT est attendue sur le déploiement de la 5G. Le lancement de cette technologie est suspendu à un appel à la concurrence, pour l'octroi des licences aux opérateurs.

5G au Maroc : Les opérateurs à l’affut des licences

Le 27 septembre 2021 à 14h47

Modifié 27 septembre 2021 à 16h41

L'ANRT est attendue sur le déploiement de la 5G. Le lancement de cette technologie est suspendu à un appel à la concurrence, pour l'octroi des licences aux opérateurs.

La 5G au Maroc à l’horizon 2023 ? C’est l’objectif que s’assigne l’Autorité nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Si les opérateurs se disent « prêts », le déploiement effectif de cette technologie incombe au régulateur. Dans l’expectative, le marché est à l’affut d’un événement important : l’appel à la concurrence pour l’octroi des licences.

« C’est la régulation qui va déterminer le déploiement de la 5G », explique laconiquement Hendrik Kasteel, directeur général d’Orange Maroc, qui se dit confiant. « Nous croyons que ça va être une très belle addition pour le très haut débit au Maroc. C’est quelque chose que nous préparons et nous verrons avec le régulateur », ajoute-t-il, sollicité par Médias24. Une manière de renvoyer la balle à l’ANRT.

En France, Orange a dévoilé les noms des équipementiers qui lui fourniront l’infrastructure de la 5G. Les groupes Nokia et Eriksson ont été retenus suite à un appel d’offres lancé début 2019. Aucune annonce en ce sens n’a été communiquée concernant le Royaume.

Horizon 2023

Pour le Maroc, la préparation de l’arrivée de la 5G est présentée comme « un enjeu majeur ». L’objectif est de permettre son lancement avec 2023 comme délai. Une échéance qui correspond à la période couverte par la dernière note d’orientations pour le développement du secteur des télécommunications.

« Ce lancement ne devrait se faire ni tôt, vu le développement ambitionné pour le marché fixe et la maturité progressive de la technologie, ni tard vu la nécessité de maintenir son leadership », lit-on dans la dernière note d’orientation de l’ANRT. L’instance précise que les technologies « full 5G » ne seraient disponibles qu’à partir de 2023.

Une étude devait être menée dès 2020 pour proposer les conditions et modalités d’exploitation de réseaux 5G au Maroc. Sur le site de l’ANRT, on constate qu’une « étude sur la 5G » fait partie du programme prévisionnel des consultations envisagées pour 2021, soit un décalage d’une année par rapport aux projections de la note.

Fait important, l’étude devra également détailler les critères de qualité à respecter par les opérateurs et les obligations attachées au déploiement des réseaux concernés. Ses conclusions seront reprises dans le futur règlement de l’appel à la concurrence.

Un retard en vue ? L’attribution de ces licences n’aura lieu qu’en fin 2022, voire en 2023 et le déploiement effectif de la 5G n’est à prévoir que pour 2024 ou 2025, nous avait déclaré Khalid Ziani, expert IT et télécom.

Comment se déroule un appel à la concurrence

Dans les faits, les trois opérateurs marocains (IAM, Orange, Wana Corporate) ont entamé les tests dès 2019. « Certains font déjà usage de la 5G dans certaines technologies », rapporte un professionnel contacté par Médias24, opérant pour une grande multinationale de télécommunications. « Inwi ou Orange ont des bandes de fréquences qui peuvent être utilisées pour le déploiement de la 5G. Ces opérateurs doivent néanmoins passer par l’ANRT pour obtenir la neutralité spectrale sur ces bandes », ajoute notre interlocuteur.

Pour les opérateurs, la neutralité technologique passe par l’obtention d’une licence. Elle permettra aux intéressés « d’établir et/ou d’exploiter un réseau et/ou des services de télécommunications ». Le fameux sésame sera octroyé par décret du chef du gouvernement sur la base d’un rapport d’instruction dressé par l’ANRT et ce, dans le cadre d’un appel à la concurrence.

« La licence est délivrée à toute personne morale adjudicataire d’un appel à la concurrence et qui s’engage à respecter les conditions générales d’exploitation et les clauses d’un cahier des charges, réglementant les conditions générales d’établissement et d’exploitation des réseaux et services des télécommunications », lit-on dans la loi relative à la poste et télécommunications. En 2019, ce texte a été amendé pour anticiper l’entrée de nouvelles technologies telles que la 5G et l’IoT.

Le même processus a été observé six ans auparavant. En 2015, l’ANRT avait attribué des licences à IAM, Orange et Wana Corporate pour l’utilisation des technologies mobiles de quatrième génération (4G). L’appel à la concurrence avait été lancé en novembre 2014, aboutissant, quelques mois plus tard (mars 2015), à la validation des offres déposées par les trois opérateurs.

Pour les candidats retenus, la licence 5G sera soumise au paiement d’une contrepartie financière dont les modalités sont précisées dans le cahier des charges précité. En 2015, cette contrepartie était de 1 MMDH pour IAM, 503 MDH pour WANA Corporate et 500 MDH pour Médi Telecom, devenue Orange.

En plus des montants des contreparties financières, les trois opérateurs avaient contribué aux frais de réaménagement du spectre des fréquences à hauteur de 860,4 millions DH (TTC).

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