Nasser Bourita : « Pourquoi la Libye doit tenir ses élections à la date prévue »

Nasser Bourita : « Pourquoi la Libye doit tenir ses élections à la date prévue »

Le 21 septembre 2021 à 19h02

Modifié le 22 septembre 2021 à 8h34

Nasser Bourita a accueilli, ce mardi 21 septembre, le président du Haut Conseil d’État libyen. Entre autres sujets, les scrutins prévus le 24 décembre prochain, qui, selon Bourita, ne devraient pas être reportés. Visiblement inquiet sur leur tenue, puis sur l’acceptation de leurs résultats, Khaled El Mechri a affirmé que les acteurs politiques libyens avaient intérêt à se mettre d’accord pour éviter d’éventuels troubles populaires pendant ou après l’opération de vote.

Lors d’une conférence de presse express, ce mardi 21 septembre, avec le président du Haut Conseil d’État libyen (Chambre des conseillers), le ministre marocain des Affaires étrangères a énuméré les quatre conditions qui permettront à la Libye de sortir de la crise, après la tenue d’élections présidentielles et législatives.

« L’ambivalence actuelle des pouvoirs libyens doit être dépassée par les urnes »

« Aujourd’hui, l’organisation des élections prévues le 24 décembre prochain s’avère être plus que nécessaire, car c’est la seule solution pour sortir le pays de la crise qui dure depuis plus de dix ans. En effet, la crise actuelle de légitimité et l’ambivalence des institutions libyennes qui détiennent le pouvoir ne permettront pas de résoudre la crise libyenne. »

« A partir de là, les choses ne pourront se régler une bonne fois pour toutes qu’à travers la voie démocratique qui passera obligatoirement par un renouvellement de ces institutions« , a précisé le ministre, en laissant entendre que la Libye actuelle abrite plusieurs pouvoirs qui s’opposent.

« Un minimum d’entente entre les acteurs concernés sera nécessaire avant la tenue des scrutins »

« En deuxième lieu, la tenue du processus électoral est possible, sachant qu’il y a eu plusieurs avancées concrètes qui vont permettre d’organiser, le même jour, des scrutins présidentiel et législatif. En effet, le pays dispose désormais de références juridiques, institutionnelles, sans compter un soutien international. Ces références doivent être exploitées, mais il faudra un minimum d’entente entre les acteurs politiques libyens pour être en mesure de faire aboutir ce processus électoral. »

« Pas de stabilité à l’horizon en dehors d’un processus électoral »

« Tertio, la stabilité des institutions décisionnaires est par conséquent plus que jamais nécessaire, à travers un dialogue politique pour respecter l’agenda électoral programmé pour le 24 décembre ».

« Enfin, en recevant successivement Salah Aguileh, président de la Chambre des représentants, l’émissaire américain pour la Libye, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Jan Kubis et enfin vous-même, le Maroc a montré qu’il était disposé à mettre à votre service son expérience du dialogue pour régler le problème », a conclu Bourita. Le ministre marocain des Affaires étrangères a insisté sur le fait qu’en dehors de l’organisation d’un processus électoral, à la date prévue qui lui permettrait d’exprimer ses attentes de stabilité, la Libye n’avait pas d’autre alternative à la crise.

Craintes libyennes sur la tenue du scrutin, puis sur l’acceptation de ses résultats

Au terme de la déclaration du ministre, le président de la Chambre libyenne des conseillers a également exprimé ses craintes sur le déroulement, puis sur l’acceptation du résultat du processus électoral du 24 décembre.

Visiblement inquiet de possibles troubles pendant et/ou après les scrutins, Khaled El Mechri a appelé tous les acteurs politiques libyens à se mettre d’accord préalablement pour mettre en place un arsenal juridique de garanties de paix sociale, au cas où les résultats ne leur conviendraient pas.

« Sécurité et logistique doivent être la base des scrutins »

« Ils doivent absolument trouver des compromis sur les lois électorales, afin de permettre aux pouvoirs exécutifs concernés d’organiser ces futures élections, sans aucun problème sécuritaire et logistique », a conclu Khaled El Mechri. Le président du Haut Conseil d’État a exprimé sa gratitude pour les efforts du Maroc, qui a toujours œuvré à rapprocher les points de vue divergents des partis politiques libyens depuis les accords de Skhirat.

Entre motion de censure et instabilité chronique, l’avenir du pays s’avère plutôt préoccupant

A la seule question posée par un confrère portant sur l’éventuel impact de la motion de censure du gouvernement, déposée ce 21 septembre par un groupe de députés, le président s’est contenté de répondre que cette démarche était totalement infondée et que la seule priorité actuelle de la Libye était d’organiser des élections qui, justement, permettraient d’instaurer un nouveau climat de confiance.

Quoi qu’il advienne, les craintes exprimées par le président de la deuxième Chambre sont particulièrement inquiétantes pour l’avenir de la Libye. Celle-ci vit actuellement avec un semblant d’État et survit politiquement grâce à des allégeances entre des tribus opposées, ou alors avec le soutien financier de certains pays voisins comme la Turquie, l’Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Algérie…

Ci-après les images de la courte conférence de presse du ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, et de son invité, le président du Haut Conseil d’État Libyen, Khaled El Mechri :

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