Désormais présent au Maroc, l’armateur Hapag-Lloyd ambitionne de devenir leader en Afrique

Après une présence depuis 2006 à travers des tiers, l’amateur Hapag-Lloyd annonce l’ouverture de ses propres bureaux au Maroc, à Casablanca, Tanger et Agadir. La société ambitionne, dans un premier temps, de se focaliser sur les deux premières villes pour développer son activité, avant d'étudier les opportunités du marché frigorifique à Agadir.

Désormais présent au Maroc, l’armateur Hapag-Lloyd ambitionne de devenir leader en Afrique

Le 16 septembre 2021 à 18h58

Modifié 17 septembre 2021 à 7h21

Après une présence depuis 2006 à travers des tiers, l’amateur Hapag-Lloyd annonce l’ouverture de ses propres bureaux au Maroc, à Casablanca, Tanger et Agadir. La société ambitionne, dans un premier temps, de se focaliser sur les deux premières villes pour développer son activité, avant d'étudier les opportunités du marché frigorifique à Agadir.

Cette implantation en propre au Maroc s’explique par « le fait que l’économie marocaine a connu une croissance constante au cours des dernières années », a déclaré Kamal Lahlou, directeur de Hapag-Lloyd, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 16 septembre.

« Hapag-Lloyd a une confiance réelle en la capacité du marché marocain »

Le marché de l’import et de l’export au Maroc se porte bien en termes de volume, poursuit-il. « La société est présente au Royaume depuis 2006 à travers des opérateurs tiers qui agissaient en tant qu’agents. Depuis ce mois de septembre 2021, elle a décidé de s’implanter en propre, du fait qu’on a une confiance réelle en la capacité du marché marocain. »

Nils Haupt, directeur monde des communications chez Hapag-Lloyd, souligne pour sa part que « cette implantation s’inscrit dans la logique de présence de la société sur le marché africain, celle-ci ayant déjà étendu son activité au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria et au Kenya ».

« Depuis sa création en 1845, la société est spécialisée dans le fret transatlantique, en l’occurrence maritime et de marchandise, entre l’Europe et l’Amérique du Nord. La fusion avec une société chilienne en 2013 et une autre compagnie de navigation arabe en 2016 a permis à Hapag-Llyod d’agrandir sa couverture globale géographique. La dernière acquisition concerne une entreprise hollandaise, spécialisée sur l’Afrique de l’Ouest, dans le but de se développer également sur le marché africain. »

Par ailleurs, « le transport de marchandises en conteneurs réfrigérés est un axe de développement et de focalisation de la société au niveau mondial. Le Maroc est un marché important pour l’exportation des fruits et légumes, dans la mesure où 33% du volume global exporté consiste en des marchandises fraîches, transportées en conteneurs », d’où son importance.

Focalisation sur Tanger Med et Casablanca

Lors de cet événement, la société a également présenté sa stratégie de développement au Royaume, en précisant tout d’abord que ses trois nouveaux bureaux se trouvent à Tanger, Casablanca et Agadir. 47 collaborateurs ont été désignés au total pour servir ses clients.

En termes d’opportunité de développement, « la focalisation se fera particulièrement sur Tanger Med et spécialement sur les zones franches, puisqu’on a les services et la couverture géographique qu’il faut pour répondre aux besoins des entreprises », souligne M. Lahlou.

« En 2019, la société a acquis une participation de 10% dans le terminal à conteneurs 3 (TC3) du port de Tanger Med 2. De par son histoire, Hapag-Lloyd n’a investi que dans un seul terminal, celui de Hambourg. C’est la première fois qu’elle investit en dehors de l’Allemagne. C’est donc un geste de confiance vis-à-vis du Maroc, et de l’économie marocaine. »

« En terme de performance, les volumes qui sont manipulés au sein de Tanger Med représentent, de janvier à août 2021, 450.000 EVP (équivalent vingt pieds), incluant aussi bien le transport de conteneurs qui sont de passage par Tanger pour aller vers d’autres destinations, que le transport local. »

« Tanger Med reste donc un hub très important, où plusieurs zones d’activités et zones franches se développent. Il y a également beaucoup d’échanges de marchandises, aussi bien à l’import qu’à l’export. Autre point important, à partir de ce port, les entreprises qui y sont installées peuvent envoyer leurs marchandises vers le monde entier. »

« Sur Casablanca, nous avons également deux services qui permettent de lier la ville vers la Côte d’Ivoire et le Ghana. C’est quelque chose qui attire l’intérêt des clients, et c’est sur cette base que nous comptons développer davantage notre activité sur le marché de l’Afrique de l’Ouest, mais à travers des couvertures en transbordement via d’autres ports, et non en direct. »

« Concernant Agadir, le marché du transport frigorifique est très important dans cette région, mais pour l’instant nous ne sommes pas présents dans ce secteur. Nous sommes en train d’étudier toutes les opportunités possibles de développement, et on verra par la suite comment les choses vont évoluer. »

D’après le DG de la boîte, « Hapag-Lloyd représente 8% du volume total du marché marocain, à travers ses services sur les trois villes ». Un chiffre qu’elle compte bien améliorer.

Répondant à une question d’un confrère relative au choix de ces trois villes au détriment de Dakhla, où un nouveau port est en préparation, M. Lahlou se dit ouvert à toutes les opportunités. « Mais actuellement notre objectif est de développer l’existant« .

L’explosion des prix du transport maritime à l’international devrait se poursuivre en 2022

Comme rapporté par Médias24 dans un article précédent, les coûts du transport maritime connaissent une flambée persistante et sans précédent, mettant à rude épreuve le commerce mondial des marchandises.

En réponse à une question de Médias24, Kamal Lahlou explique ce phénomène par deux principaux facteurs : « la hausse de la demande et les goulots d’étranglement enregistrés un peu partout dans le monde. Cette combinaison a créé des perturbations au niveau des chaînes logistiques, et donc le retard des navires, ainsi qu’une pénurie de conteneurs. Et comme nous le savons très bien, lorsque la demande augmente, les prix augmentent aussi, ce qui fait qu’on arrive actuellement à des niveaux de fret que je n’ai jamais expérimentés durant ma carrière. »

« Le Covid a également contraint beaucoup d’opérateurs logistiques de transport routier à réduire leurs horaires de travail, ce qui a engendré une masse de conteneurs immobilisés dans certains pays, alors que la demande explose dans d’autres. »

« Rien que dans la baie de Los Angeles, plus de 45 bateaux conteneurs sont en attente de déchargement. Ils transportent environ 400.000 EVP, soit l’équivalent de 40% du marché marocain annuel, qui sont donc pour l’heure immobilisés. »

Jusqu’à quand cette situation va-t-elle se poursuivre ? « Difficile à dire », nous répond M. Lahlou. « Les experts s’accordent à dire que cette situation va se poursuivre jusqu’ à 2022, ou du moins durant une partie de 2022. Le problème ne va pas se résoudre rapidement », conclut-il.

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