Campagne agricole. Doukkala-Abda, le grenier du Maroc maintient le cap

En dépit du déficit hydrique et de la suspension des dotations d’irrigation, le grenier du Maroc maintient le cap. Détails.

Campagne agricole. Doukkala-Abda, le grenier du Maroc maintient le cap

Le 15 septembre 2021 à 16h07

Modifié 15 septembre 2021 à 16h16

En dépit du déficit hydrique et de la suspension des dotations d’irrigation, le grenier du Maroc maintient le cap. Détails.

Malgré une situation hydrique déficitaire, le grenier du Maroc réalise une campagne agricole globalement performante. Excepté la production sucrière qui a plongé de moitié, les autres activités affichent une amélioration notable.

L’absence de précipitations en début de campagne ayant retardé l’installation des cultures d’automne, certains programmes avaient été revus à la baisse. Surtout que la saison 2020-2021 faisait suite à une année particulièrement sèche. Mais la situation s’est inversée dès fin novembre 2020, selon l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala.

D’importantes pluies ont été enregistrées tout au long du premier trimestre 2021, accélérant les travaux du sol et d’entretien des cultures. Le cumul pluviométrique a atteint 260,8 mm contre 311,9 mm, correspondant à la moyenne des 56 dernières années, soit un recul de 16,4%.

Les cultures sucrières impactées par le déficit hydrique

A la veille du démarrage de la campagne, la réserve totale en eau du complexe Al Massira-El Hansali s’élevait à 492 millions de m3 contre 740 millions à la même période de la campagne précédente, soit un taux de remplissage de 14,8% de sa capacité théorique contre 22,3% une année auparavant. Par conséquent, aucune dotation n’avait été accordée à l’irrigation du périmètre des Doukkala-Abda.

L’impact s’est fait ressentir principalement sur les cultures sucrières, dont le programme a été réduit de 10.000 ha en périmètre irrigué à partir des eaux des barrages.

Ainsi, la superficie totale semée en betterave à sucre s’est élevée à 10.722 ha en zone de pompage privé (sur un programme de 10.000 ha) contre 18.051 ha lors de la campagne précédente. La production betteravière s’est donc établie à 784.663 tonnes contre 1,26 million en 2019-2020. Alors que la production du sucre blanc s’est établie à près de 100.000 tonnes avec, à la clé, un rendement en valeur en amélioration de 4.000 DH, soit 34.150 DH contre 30.140 lors de la saison précédente.

Les céréales dépassent le programme initial

En revanche, les céréales d’automne ont légèrement dépassé le programme initialement arrêté. La superficie emblavée a atteint 260.820 ha, soit 106% par rapport à la campagne précédente. Quant à la production, elle a été estimée à 7,6 millions de quintaux contre 1,55 million lors de la précédente campagne caractérisée par la sécheresse.

Selon l’Office, les prix de vente des céréales ont atteint un niveau jugé normal. Ils ont varié de 220 à 350 DH/quintal pour le blé dur, de 200 à 250 DH/q pour le blé tendre, et de 200 à 250 DH/q pour l’orge.

Il en est de même du programme des légumineuses alimentaires des cultures fourragères, dont la réalisation en bour est jugée satisfaisante.

La superficie totale a porté sur 8.562 ha et la production est estimée à 67.302 quintaux, soit un rendement moyen de 7,9 q/ha en forte hausse de 179% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, et 468% par rapport à la campagne précédente.

La performance est également constatée pour les cultures fourragères. Tout particulièrement le maïs. Cette espèce fourragère a été semée sur 9.150 ha avec un rendement de 8,5 q/ha, soit une hausse de 50% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, et 62 % par rapport à la campagne précédente.

Au total, le programme des cultures fourragères a porté sur 20.000 ha, principalement dans les zones irriguées à partir des puits. Il a même été largement dépassé pour atteindre 26.300 ha. La production totale est évaluée à 942.000 tonnes avec un rendement moyen de 35,8 t/ha, soit l’équivalent de près de 167 millions d’unités fourragères.

La production laitière bat de l’aile

La zone des Doukkala est également réputée pour le maraîchage, le vignoble (raisins de table) et l’élevage laitier. Mais si les deux premières activités performent toujours, la production laitière bat de l’aile.

Depuis la campagne de boycott de l’opérateur de référence, le retour au colportage a été constaté. A tel point que les usines présentes dans la zone ont eu recours à l’introduction de quotas de prélèvement pour motif de baisse de la consommation.

A fin juillet dernier, le volume de lait commercialisé a atteint 181,26 millions de litres contre 190,73 millions à la même période de 2020, soit un recul de 5%. Cependant, la production laitière durant cette période est estimée à 300 millions de litres. C’est dire l’importance des quantités commercialisées hors circuit industriel.

Pour ce qui est du maraîchage, un léger repli des volumes et des valeurs est relevé, à la suite du recul des superficies dédiées : 14.605 ha contre 16.038 ha pour la campagne 2019/2020. La production globale a été estimée à 376.650 tonnes contre 382.069 tonnes la saison précédente. Quant à la valeur de cette production, elle a été évaluée à 705 millions de DH contre 814 MDH, une année auparavant.

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