L’auteure de l’étude de SWP qui s’est attaquée au Maroc refuse de répondre aux questions de Médias24

L’auteure de l’étude de SWP qui s’est attaquée au Maroc refuse de répondre aux questions de Médias24

Le 2 septembre 2021 à 13h45

Modifié le 2 septembre 2021 à 21h36

Médias24 a au départ obtenu l’accord de Isabelle Werenfels, senior flow de la division Moyen-Orient et Afrique du think tank allemand SWP, pour expliquer le fondement de ses attaques contre le Maroc. Mais celle-ci s'est ravisée après avoir reçu nos questions. Son étude polémique recommandait à l’Union Européenne de stopper le développement « hégémonique » du Maroc qui freine selon elle, l’émergence de l’Algérie et de la Tunisie.

Au lendemain de la réception de notre questionnaire, auquel elle avait promis de répondre en 24 heures, son assistante nous a répondu que l’auteure n’était plus disposée à nous accorder un entretien sous prétexte que nos questions étaient « très différentes » de ce à quoi elle s’attendait sachant qu’elle ne voulait parler que de méthodologie.

Une explication plutôt étonnante sachant que cette senior fellow de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (SWP) à l’origine de l’étude intitulée « Rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne : l’Algérie et la Tunisie cherchent à suivre les pas du Maroc », n’a pas hésité à répondre aux questions du média allemand dw.com qui ne portaient pas du tout sur sa méthodologie.

Au final, le fait que l’auteure a décroché son doctorat à Alger et qu’elle revendique clairement « un faible » pour ce pays sur son profil Twitter (Has a very weak spot for Algeria), explique peut-être sa dérobade de dernière minute et sa volonté de ne pas répondre à nos questions qui étaient en effet plutôt dérangeantes…

A nos lecteurs de juger si nos questions étaient légitimes ou pas 

-Sachant que le think tank SWP est principalement financé par le gouvernement allemand, êtes vous vraiment indépendante et quelle est votre marge de manœuvre ?

-Le tropisme algérien visible sur le profil de votre compte Twitter (Has a very weak spot for Algeria) n’est-il pas une marque de partialité qui vous disqualifie en termes de neutralité préalable à toute analyse ?

-En effet, certains rappellent que vous avez décroché votre doctorat en Algérie et que vous n’êtes donc pas qualifié pour livrer un travail scientifique sur un tel sujet en ayant d’avance un parti-pris ?

-A ce propos, contrairement au Maroc qui a condamné vos conclusions, la presse algérienne s’est félicitée des conclusions de votre étude qui appellent à minorer le soutien européen au Maroc ?

-Pour en revenir au contenu de votre étude, quelle a été la méthodologie adoptée pour parvenir à vos conclusions ?

-Sur quelles bases arrivez-vous à la conclusion que le Maroc est loin devant l’Algérie et la Tunisie en termes de développement ?

-Pourquoi qualifiez l’ascension économique du Maroc en Afrique de traumatisante pour l’Algérie alors que le leadership de l’Allemagne en Europe ne pose pas de problèmes aux pays voisins dont la France ?

-N’est-il pas tout à fait normal d’essayer de prendre le leadership dans la région du Maghreb voire d’Afrique subsaharienne où il n’y a pas encore de véritable espace économique commun comme dans l’UE ?

-Si la bataille pour le leadership régional est de bonne guerre en Afrique et partout ailleurs, pourquoi le discours de votre think tank issu d’un pays européen lointain donne l’impression de vouloir favoriser un candidat au détriment d’un autre ?

-Que répdez-vous à ceux qui n’hésitent pas à parler de tentative d’influence néocoloniale ?

-Sachant que la concurrence est censée stimuler les économies, pourquoi les tentatives de développement à l’international du Maroc seraient des « ambitions hégémoniques » qu’il faudrait atténuer voire stopper ?

-Le fait que la Tunisie veuille rattraper son retard vis-à-vis du Maroc et qu’elle observe avec envie la politique africaine de ce dernier n’est-il pas en réalité un bon exemple de stimulation positive ?

-S’il est vrai que la rivalité algéro-marocaine dans le domaine de la sécurité génère des effets négatifs pour le continent africain, vous ne précisez cependant pas que c’est l’Algérie qui refuse toute collaboration sécuritaire avec son voisin.

-Concernant la résolution du conflit libyen où le Maroc s’est investi depuis 2015, pourquoi donner l’impression que ses tentatives de résolution ne sont pas légitimes et qu’elles appartiennent à la seule Algérie ?

-Tout en citant les succès économiques du Maroc en Afrique (Casa Finances, boom des exportations, liaisons aériennes, Tanger Med, Gazoduc Nigéria-Maroc, diplomatie religieuse, politique migratoire…), vous laissez entendre que sa dynamique de développement ne doit plus être soutenue par l’UE qui doit se concentrer sur les deux retardataires, recommander une telle politique discriminatoire au détriment du Maroc ne pose pas un problème éthique ?

-Est-ce qu’en réalité, la réussite du Maroc sur le continent africain ne pose pas un problème à l’UE et en particulier à l’Allemagne qui s’inquiète d’une nouvelle concurrence qu’elle voudrait éliminer en favorisant l’Algérie et la Tunisie qui elles ne présentent pas de menaces en termes d’investissements en Afrique ?

-Comment justifiez-vous le fait d’appeler l’UE à cesser de soutenir la dynamique de développement du Maroc et de vouloir punir ce pays simplement parce qu’il multiplie les réussites sur le continent ?

-Où est le problème à prétendre à un leadership continental quand on sait que l’Allemagne et la France ont été depuis 1957 le moteur de la réussite économique de la CEE puis de l’Europe des 27 ?

-Vouloir discriminer le Maroc est la conclusion essentielle du think tank SWP ou alors celle-ci s’inscrit simplement dans le cadre de la politique officielle allemande de la chancelière Merkel ?

-Au regard de la crise actuelle que l’étude SWP a contribué à aggraver, comment voyez-vous l’avenir des relations entre le Maroc et l’Allemagne ?

 

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Élection du bureau du conseil communal de Marrakech(En direct)