« La balance bénéfice-risque hautement en faveur de la vaccination des 12-17 ans » (experts)

La vaccination des élèves âgés entre 12 et 17 ans démarre ce mardi 31 août. De nombreux parents sont inquiets quant à l’efficacité des deux vaccins approuvés par le comité scientifique pour cette catégorie, et perdus quant au choix du vaccin à administrer à leurs enfants. Voici certains arguments qui pourront aiguiller leur choix.

« La balance bénéfice-risque hautement en faveur de la vaccination des 12-17 ans » (experts)

Le 30 août 2021 à 16h35

Modifié 30 août 2021 à 16h55

La vaccination des élèves âgés entre 12 et 17 ans démarre ce mardi 31 août. De nombreux parents sont inquiets quant à l’efficacité des deux vaccins approuvés par le comité scientifique pour cette catégorie, et perdus quant au choix du vaccin à administrer à leurs enfants. Voici certains arguments qui pourront aiguiller leur choix.

La vaccination anti-Covid des enfants de plus de 12 ans est la question épineuse qui tiraille les familles depuis son annonce par le gouvernement. Environ 3 millions d’élèves sont ciblés par cette campagne au Maroc, qui devrait démarrer ce mardi 31 août.

Pour aider les parents à prendre leur décision, Médias 24 a sondé deux médecins reconnus, qui nous ont livré de nombreux arguments scientifiques en faveur de la vaccination de cette catégorie de personnes. Il s’agit de Dr. Afif Said, pédiatre, membre du comité scientifique et président de la Société marocaine des sciences médicales, et de Dr. Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé.

Pourquoi vacciner les enfants contre la Covid?

Les deux experts s’accordent à dire que :

– « Le variant Delta touche plus les enfants que la souche classique du virus. Au Maroc, 117 enfants atteints du Covid sont arrivés en réanimation au cours du seul mois d’août, selon une déclaration du chef du gouvernement. Ce qui démontre que ce variant peut être grave, voire très grave pour les enfants. Il faut ainsi les vacciner pour les protéger », nous explique Dr. Afif.

Sur ce même point, Dr. Hamdi nous fait savoir que « pour le variant Delta, le R0 est estimé à 8. Avec la souche classique du virus, les enfants étaient peu contaminés, alors qu’avec le variant Delta, le nombre d’enfants contaminés, bien qu’il reste faible, a considérablement augmenté ces dernières semaines dans le monde ».

– Deuxième argument encourageant la vaccination des enfants : « Ces derniers sont souvent asymptomatiques. Ils peuvent ainsi contaminer leur entourage familial, notamment les personnes âgées, ou atteintes de comorbidités, qui pourront à leur tour se retrouver en réanimation. La vaccination de cette catégorie permettra ainsi de diminuer la propagation du virus », souligne Dr. Afif.

– « La charge virale de ce variant est très importante par rapport au virus classique. Les enfants contaminés peuvent ainsi être très contagieux », ajoute le même interlocuteur.

– « La vaccination de cette tranche d’âge permettra d’augmenter l’immunité collective », estime le président de la SMSM. Pour sa part, Dr. Hamdi relève ce qui suit : « On espérait atteindre l’immunité collective avec la souche classique, qui a un taux de reproduction initiale estimé à 3, avec une immunisation de 60 à 70% de la population. Les enfants seraient donc protégés par cette barrière immunitaire, et par conséquent ils n’auraient pas besoin de se vacciner pour se protéger. Cependant, avec le variant Delta, cette immunité collective ne peut être atteinte sans devoir vacciner environ 90% de la population. »

– « La vaccination des 12-17 ans permettra de programmer davantage de cours en présentiel qu’en distanciel », poursuit Dr. Afif, précisant « qu’il s’agit d’un point très important pour la santé mentale des enfants. De nombreuses études ont démontré que le distanciel a engendré plus d’anxiété chez les enfants, ainsi que des dépressions. Une étude réalisée par le service pédopsychiatrique d’Ibn Rochd a même démontré une hausse des tentatives de suicide chez les préadolescents et les adolescents, à cause du Covid. Le milieu familial n’est donc pas suffisant pour l’équilibre mental et le développement de la personnalité de l’enfant. Le milieu scolaire joue un rôle très important sur ce point ».

Même constat auprès de Dr. Hamdi : « L’enseignement à distance a montré ses limites et son impact négatif sur l’état de santé psychique des enfants et leur socialisation. Assurer un enseignement présentiel nécessite la protection de ces enfants eux-mêmes par la vaccination, et celle des enseignants, pour éviter que l’école ne ferme souvent ou ne devienne un foyer de propagation. »

« La balance bénéfice-risque hautement en faveur de la vaccination »

La balance bénéfice-risque en terme de santé physique est-elle en faveur du vaccin chez les enfants ? Le recul existant permet-il d’assurer la pleine sécurité des vaccins Sinopharm et Pfizer chez les adolescents ? Ces deux questions sont souvent posées par les parents sur les réseaux sociaux. L’un de nos deux experts y répond.

« Les deux vaccins approuvés par le comité scientifique marocain ont été validés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Leurs essais cliniques ont également démontré leur efficacité. Il y a aussi une quatrième étape que l’on appelle la pharmacovigilance, qui a pour objet la prévention du risque d’effets indésirables résultant de l’utilisation de ces vaccins », précise Dr. Tayeb Hamdi.

« Ces vaccins ne sont toutefois pas encore approuvés par l’OMS pour la tranche d’âge 12-17 ans, mais leur efficacité pour cette catégorie a été démontrée dans plusieurs pays. L’OMS considère qu’on ne doit pas passer à la vaccination des enfants dans les pays hypervaccinés alors que d’autres pays n’ont pas encore eu la chance d’avoir assez de doses. Elle estime que le fait de laisser des pays dépourvus de vaccins est une injustice vaccinale. Cette situation ne fera qu’accélérer la propagation du virus, ainsi que l’apparition d’autres mutations. »

Par rapport au recul existant, « si on attend d’avoir un bon recul de plusieurs années avant d’utiliser ces vaccins, on n’aura jamais de recul », ajoute-t-il. « Il faut utiliser ces vaccins pour avoir du recul. On ne peut pas non plus attendre qu’ils soient utilisés dans d’autres pays pendant une dizaine d’années avant de les utiliser chez nous,  puisque la situation est urgente. »

« Le maximum des effets indésirables d’un vaccin sont connus 4 à 6 semaines après son administration. Et jusqu’à présent, les effets graves de la vaccination anti-Covid sont très rares. »

« La balance bénéfice-risque est donc hautement en faveur de la vaccination de la catégorie 12-17 ans. »

Pfizer ou Sinopharm ?

Sur ce point de nombreux parents sont encore perdus. Dr. Hamdi nous explique que « s’il y avait des indications médicales particulières pour chacun des deux vaccins, le ministère de la Santé l’aurait indiqué. Mais puisque ce n’est pas le cas, les deux vaccins sont adaptés aux enfants entre 12 et 17 ans ».

« Certains parents ont peut-être plus confiance en Pfizer, puisqu’il est Américain et utilisé à grande échelle à l’étranger chez les enfants. D’autres, qui ont plus confiance en la technique classique de production de vaccins, opteront pour Sinopharm. Il s’agit donc d’un choix personnel, mais limité dans le temps, puisqu’on n’aura pas toujours assez de stocks pour les deux vaccins. »

Même son de cloche auprès de Dr. Afif. « Les deux vaccins Sinopharm et Pfizer ont montré leur efficacité et la bonne tolérance chez la catégorie des 12-17 ans. Toutefois, certains parents dont les enfants ont des allergies contre l’aspirine ou la pénicilline peuvent opter pour Sinopharm, qui est même utilisé chez la femme enceinte dès le premier mois de grossesse. »

« Par ailleurs, des millions d’enfants dans le monde ont été vaccinés par Pfizer, qui n’a pas démontré d’effets secondaires graves », conclut-il.

L’autre élément qui pourrait aiguiller le choix des parents, en particulier ceux dont les enfants sont âgés de 17 ans, qui ont passé le baccalauréat et prévoient de terminer leurs études à l’étranger, est la liste des vaccins autorisés dans différents pays.

Nous savons par exemple que le vaccin Sinopharm n’est pas autorisé en France, contrairement à Pfizer. Les élèves souhaitant poursuivre leurs études en France pourront ainsi opter pour Pfizer.

Lire aussi:

12-17 ans: La liste des centres de vaccination, par province et type de vaccin (Pfizer ou Sinopharm)

Vaccination des 12-17 ans : un appel des sociétés savantes aux parents 

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