Covid-19 : A Casablanca et Marrakech, les lits de réanimation presque saturés (Dr Afif)

Le Dr Moulay Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales et membre de la commission en charge de la stratégie de vaccination au Maroc, souligne que le taux d’occupation des lits de réanimation à l’échelle nationale ne reflète pas la réalité des hôpitaux et cliniques de Casablanca et Marrakech.

Covid-19 : A Casablanca et Marrakech, les lits de réanimation presque saturés (Dr Afif)

Le 5 août 2021 à 18h07

Modifié 5 août 2021 à 18h07

Le Dr Moulay Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales et membre de la commission en charge de la stratégie de vaccination au Maroc, souligne que le taux d’occupation des lits de réanimation à l’échelle nationale ne reflète pas la réalité des hôpitaux et cliniques de Casablanca et Marrakech.

Médias24: Qu’en est-il du taux d’occupation des lits de réanimation ?

Dr Saïd Afif: A Casablanca et Marrakech, la situation est très tendue en termes d’occupation des lits de réanimation. Elle dépasse la moyenne nationale, qui est de 42%. Autrement dit, 42% des lits de réanimation sont occupés à l’échelle nationale. Mais cette moyenne ne reflète pas la situation dans les villes de Casablanca et Marrakech, où les lits de réanimation sont pratiquement saturés. Il devient très difficile de trouver des lits de réanimation disponibles.

-Avez-vous des données sur le profil des personnes admises en réanimation ?

-La majorité ont 50 ans et plus, et ne sont pas vaccinés. On décèle également des personnes diabétiques et obèses.

-Risque-t-on de restreindre davantage les mesures sanitaires récemment prises par le gouvernement ?

-Avec le variant Delta, un malade contamine 6 personnes. Ça va donc très vite. La charge virale de ce variant est 1.000 fois supérieure au coronavirus initialement identifié à Wuhan, mais elle est moins importante chez les personnes vaccinées. Entre deux personnes vaccinées, le risque de contracter le virus est 12 fois moins important qu’entre une personne vaccinée et une personne non vaccinée.

La vaccination diminue la transmission mais ne l’élimine pas complètement, tout comme le port du masque et la distanciation physique. Il faut accélérer la vaccination et respecter les mesures barrières. Dès que quelqu’un a des céphalées, le nez qui coule, de la fièvre, il doit s’isoler et se faire tester pour éviter les clusters familiaux. Cela ne sert à rien de dire que c’est la climatisation ou la grippe. Autre chose également : les femmes enceintes peuvent être vaccinées après le troisième mois de grossesse et les femmes allaitantes peuvent être vaccinées quelle que soit la période à laquelle elles allaitent.

Si la situation sanitaire se complique, si le nombre de lits de réanimation occupés augmente, alors oui, il est fort probable que le Comité demande davantage de restrictions. Tout dépend de nous ; de nos comportements dans les deux semaines à venir.

-Quand pensez-vous que le pic de cette vague sera atteint ?

-Honnêtement, on ne le sait pas. Si on veut que la courbe s’inverse, les citoyens vont devoir respecter les gestes barrières. Encore une fois, tout va dépendre de nos comportements.

-Un test antigénique devra-t-il à l’avenir accompagner le pass vaccinal ?

-Oui, nous pensons qu’il est souhaitable de faire un test antigénique en plus de la vaccination, car une personne vaccinée peut transmettre le virus. Le test antigénique, dans le cas où il est positif, permet d’isoler la personne et de la traiter précocement.

-Le Maroc a-t-il les capacités logistiques pour recevoir le vaccin Pfizer ?

-Oui, le Maroc a l’équipement et la logistique nécessaires pour réceptionner ce vaccin. Tout est prêt au niveau des centres pour adminstrer ce vaccin. Il permettra de diversifier l’arsenal vaccinal.

-L’injection d’une troisième dose est-elle recommandée ?

-Pour les personnes de plus de 70 ans ou celles qui ont une immunité diminuée. Mais vous le savez, avec ce virus, nous avons régulièrement des « nouveautés ». Pour l’heure, la priorité au Maroc est de vacciner 80% de la population avec deux doses.

-Allons-nous rester dans cette conjoncture pendant encore longtemps ?

-Si on arrive à vacciner plus de 70% de la population, on sera plus à l’aise sur le front sanitaire. Mais on ne peut savoir de quoi l’avenir sera fait…

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