Tourisme : Plusieurs milliers d’annulations de réservations étrangères dans les hôtels

Dix jours après l’inclusion de la France, de l’Espagne et du Portugal dans la liste B qui oblige les étrangers non vaccinés à observer une quarantaine de 10 jours à leur charge, des milliers de réservations hôtelières ont été annulées notamment par les clients français. Plusieurs hôteliers concernés estiment qu'il s'agit d'un report du retour des marchés internationaux à 2022 au lieu de fin 2021.

Tourisme : Plusieurs milliers d’annulations de réservations étrangères dans les hôtels

Le 24 juillet 2021 à 8h57

Modifié 24 juillet 2021 à 15h58

Dix jours après l’inclusion de la France, de l’Espagne et du Portugal dans la liste B qui oblige les étrangers non vaccinés à observer une quarantaine de 10 jours à leur charge, des milliers de réservations hôtelières ont été annulées notamment par les clients français. Plusieurs hôteliers concernés estiment qu'il s'agit d'un report du retour des marchés internationaux à 2022 au lieu de fin 2021.

« Alors que l’on pensait voir de la lumière au bout du tunnel après 16 mois de crise, la dernière annonce des autorités nous a ramenés au point de départ avec nos principaux marchés internationaux notamment français qui avait pourtant manifesté un fort désir de revenir visiter le Maroc durant l’été », constate, dépité, le président d’un groupe hôtelier qui a dû faire face à une vague d’annulations de réservations.

Des milliers d’annulations hôtelières à Marrakech et Agadir

Un phénomène qui selon lui a touché des milliers de touristes français mais aussi espagnols, adeptes de dépaysement, qui avaient réservé un séjour dans plusieurs hôtels 5 étoiles de Marrakech et d’Agadir.

« Ainsi, plusieurs hôtels 5 étoiles comme le Four Seasons de la ville ocre qui avait entre 20 et 30% de réservations de visiteurs étrangers a dû faire face à de nombreuses annulations de dernière minute mais heureusement pour lui, l’hôtel est de plus en plus fréquenté par des touristes nationaux et continue donc de fonctionner normalement.

« D’autres établissements d’Agadir et de la station de Taghazout ont été confrontés aux mêmes annulations de la part de plusieurs marchés européens mais grâce aux MRE et aux nationaux, ceux spécialisés en balnéaire ne devraient pas avoir de mal à se rattraper », précise l’hôtelier en ajoutant que le flux limité des visiteurs étrangers qui ont fini par annuler leur séjour dans les deux grandes locomotives touristiques du Maroc n’avait pas pour vocation à rentabiliser la saison estivale.

Une mesure décourageante qui va retarder le retour des étrangers

Selon un autre hôtelier, membre de la CNT, les milliers de réservations enregistrées courant juin et début juillet après l’assouplissement des mesures restrictives devaient servir à préparer le retour progressif des marchés étrangers à partir du mois de septembre jusqu’à la période lucrative des fêtes de fin d’année.

« Avec cette mesure qui oblige les visiteurs non vaccinés à observer une quarantaine de 10 jours à leurs frais dans un hôtel désigné par les pouvoirs publics, aucun touriste étranger non vacciné n’acceptera de sacrifier tout ou partie de son congé annuel pour venir au Maroc durant cet été.

« Nous ne nous attendions pas à réaliser les mêmes chiffres d’arrivées étrangères que l’été 2019 mais au moins à rouvrir plusieurs hôtels encore fermés qui travaillaient avec une clientèle internationale dans l’espoir de faire redémarrer progressivement la machine, durant le dernier trimestre de l’année en cours », regrette notre interlocuteur en dénonçant la différence de traitement entre MRE et étrangers.

Les MRE et les nationaux rempliront à peine 30% du parc hôtelier national

« Si notre secteur comprend tout à fait cette mesure préventive, il en est autrement quand on sait que les Marocains ou que les résidents du Maroc en sont dispensés, avec pour seule obligation de présenter un test PCR négatif et une attestation sur l’honneur de s’enfermer 5 jours, engagement que personne ne respecte.

« Sachant qu’une infime partie des deux ou trois millions de MRE qui visiteront leurs familles en juillet et août ira loger à l’hôtel, cela sera par conséquent largement insuffisant pour sauver la saison estivale.

« De plus, même en additionnant les touristes domestiques aux MRE, cela permettra au final de remplir à peine 30% des établissements hôteliers situés en grande majorité dans des destinations balnéaires », avance l’opérateur qui s’attend à ce que la majorité des hôtels restent fermés faute de clients étrangers.

« Il n’y aura pas de vraie reprise internationale pour les fêtes de fin d’année »

« Si l’été sera moins catastrophique en termes d’arrivées de MRE que celui de l’année dernière qui n’avait pu compter que sur les nationaux, la perspective du retour des marchés internationaux s’éloigne encore une fois, alors que tout le secteur pensait vraiment sortir du tunnel qui a démarré en mars 2020.

« Prévue au départ pour le dernier trimestre de l’année en cours, il n’y aura pas de vraie reprise avant que le Maroc et ses principaux marchés étrangers n’atteignent l’immunité collective ce qui aura lieu logiquement au début de l’année prochaine », conclut notre source pour qui l’Etat sera certainement obligé de proroger jusqu’à décembre prochain les différentes aides (CNSS …) aux employés du secteur touristique

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