Le HCP revoit sa prévision de croissance pour 2021 à la hausse

La croissance de l’économie marocaine devrait monter à 5,8% en 2021 selon les données du Budget exploratoire du HCP. Une prévision soutenue par les très bonnes performances du secteur agricole et l’amélioration des indicateurs du secteur minier, industriel et celui du BTP, ainsi que la reprise de la demande intérieure et extérieure.

Le HCP revoit sa prévision de croissance pour 2021 à la hausse

Le 19 juillet 2021 à 20h20

Modifié 19 juillet 2021 à 20h50

La croissance de l’économie marocaine devrait monter à 5,8% en 2021 selon les données du Budget exploratoire du HCP. Une prévision soutenue par les très bonnes performances du secteur agricole et l’amélioration des indicateurs du secteur minier, industriel et celui du BTP, ainsi que la reprise de la demande intérieure et extérieure.

Le Haut-commissariat au Plan vient d’élaborer le budget économique exploratoire 2022 qui présente une révision de la croissance économique nationale en 2021, ainsi que les perspectives pour l’année 2022.

« Ce budget est de nature à permettre au nouveau gouvernement et aux décideurs de prendre conscience de l’évolution économique prévue en 2022. Il constituera, ainsi, un cadre de référence pour la fixation d’objectifs économiques, appuyés par d’éventuelles mesures à mettre en œuvre notamment, dans le cadre de la Loi de Finances 2022 », note le HCP.

Voici les principales tendances à retenir du travail de prospective réalisé par les équipes du HCP.

Reprise forte et inégale de l’économie mondiale

Après une contraction d’ampleur historique de 3,5% en 2020, la croissance économique mondiale devrait enregistrer un rebond de 5,6 % en 2021 et de 4,3% en 2022 soutenue par des mesures de relance de grande envergure entreprises par les différents pays.

Cette reprise exceptionnelle reflète particulièrement le fort rebond de certaines grandes économies, notamment les États-Unis et la Chine. Cependant les perspectives de croissance dans plusieurs pays d’Asie du sud, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine devraient rester faibles et incertaines. Ainsi, pour une grande partie des pays du monde, la production économique ne devrait retrouver ses niveaux d’avant la pandémie qu’en 2022 ou 2023.

Ces disparités de croissance inter pays s’expliquent notamment, par les différences dans la riposte sanitaire des autorités, par la capacité d’adaptation de l’activité économique aux confinements et par les rigidités d’ordre structurel antérieures à la crise. Les économies tributaires de l’industrie manufacturière devraient mieux se porter au cours de la période de relance, mais une reprise rapide semble improbable pour celles qui dépendent du tourisme et des matières premières.

Ces perspectives mondiales restent toutefois très incertaines. Au-delà des risques liés à la crise sanitaire, le niveau très élevé de l’endettement notamment dans les pays émergents et en développement demeure inquiétant et les courants protectionnistes devraient continuer de peser sur la reprise des économies tournées vers l’exportation.

Hausse des prix des matières premières : l’inflation est de retour…

Sur le marché des matières premières, les projections présument une augmentation du cours de pétrole sous l’effet combiné du rebond mécanique de la demande et des coupes massives de production des pays de l’Opep+.

Dans ce contexte, le prix du baril devrait augmenter de 50% pour atteindre environ 62$/baril, en moyenne en 2021 et devrait se stabiliser en 2022.

Cependant, la poursuite de la limitation de production est loin d’être garantie, compte tenu des pressions croissantes des pays, tels que la Russie. L’hypothèse d’un retour sur le marché de l’offre iranienne à la fin de l’année est un autre aléa baissier à prendre en compte. S’agissant des prix des autres matières premières, ils devraient grimper de 22 ,5% en 2021 avant de revenir à -2,5% en 2022.

La reprise de l’activité mondiale devrait être accompagnée par un rebond de l‘inflation mondiale d’environ 1,4 point en 2021, en liaison notamment avec l’augmentation des prix des produits de base et des pénuries d’offres temporaires dans certains secteurs.

Dans les pays avancés, l’inflation devrait atteindre 1,8% en 2021 contre 0,5% en 2020, restant inférieure au taux cible de 2%. Cependant, dans les économies des marchés émergents, la dépréciation des monnaies et les augmentations de la fiscalité indirecte, devraient exacerber les tensions sur les prix. Ainsi, l’inflation devrait atteindre 4,6% soit un niveau bien au- dessus de la moyenne 3,8% enregistrée durant la dernière décennie.

En 2022, l’inflation devrait se modérer dans la majorité des pays en liaison principalement avec la stabilisation des  prix des matières premières.

Au Maroc, la hausse des cours des produits énergétiques et le renchérissement des autres matières premières au niveau international, conjugués à une reprise de la demande intérieure, devraient entraîner une hausse du niveau général des prix aux alentours de 1,5% au lieu de 0,8% enregistrée en 2020.

 

 

 

 

Rebond de l’économie nationale boosté par les bonnes performances agricoles

La croissance économique nationale devrait connaître un rebond de 5,8% en 2021 au lieu d’une récession de 6,3% enregistrée en 2020.

Ce raffermissement serait imputable notamment aux perspectives prometteuses de la campagne agricole 2020/2021 ainsi qu’à la reprise, sous l’effet de base, des activités non agricoles profitant d’une atténuation des effets négatifs de la crise sanitaire reflétant ainsi le début de redressement de l’économie nationale.

Après la succession de deux années de sécheresse, la campagne agricole 2020/2021 se déroule dans des conditions climatiques favorables. La bonne répartition spatio-temporelle des précipitations, devrait permettre la réalisation d’une production céréalière estimée à 98 millions de quintaux en hausse de 206% par rapport à la campagne précédente, et de 54,8% en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années.

Ces conditions climatiques devraient également renforcer la production des autres cultures notamment, les arboricultures et les cultures industrielles et maraîchères.

En parallèle, l’activité de l’élevage devrait se consolider en 2021, bénéficiant de la disponibilité des fourrages et des pâturages dans les zones Bour, permettant ainsi l’amélioration de la production des filières animales.

S’agissant des activités de la pêche maritime, celles-ci devraient s’améliorer, suite à la performance de la commercialisation des produits de la pêche côtière et artisanale, tirant profit de l’orientation favorable de la demande extérieure.

Ainsi, le secteur primaire devrait enregistrer un rebond de l’ordre de 17,5% en 2021 au lieu d’une baisse de 6,9% enregistrée en 2020, contribuant ainsi positivement à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2 points au lieu d’une contribution négative de 0,8 point une année auparavant.

Les activités non agricoles devraient croître de 4,6% en 2021

Les activités non agricoles devraient, sous l’effet de base, afficher une croissance positive de l’ordre de 4,1% contre une baisse de 6% enregistrée en 2020. Cette reprise serait imputable à une hausse de 4% des activités secondaires contre un repli de 3,8% en 2020 et d’une amélioration de 4,1% des activités tertiaires au lieu d’une baisse de 7,1% l’année précédente.

Au niveau du secteur secondaire, les industries de transformation devraient profiter de la reprise des industries du textile et de l’habillement et de la poursuite d’amélioration des industries agroalimentaires et des activités chimiques et para-chimiques, suite au raffermissement continu de la demande extérieure. Quant aux industries mécaniques, métallurgiques et électriques, celles-ci devraient afficher un rebond considérable, soutenu par la reprise du secteur de l’automobile, atténué toutefois par le ralentissement de l’activité aéronautique au niveau mondial.

Le secteur minier devrait continuer d’afficher de bonnes performances, avec une croissance de 4,6% en 2021. Le maintien de la demande des industries de transformation locales devrait entraîner une hausse de l’extraction du phosphate roche, grâce au raffermissement de la demande étrangère de ses dérivées en provenance du Brésil, de l’Inde et des pays de l’Afrique de l’Est. Concernant les minerais métalliques, la hausse prévue de leurs cours sur les marchés internationaux due à un rebond de la demande chinoise, devrait booster leur extraction.

Quant au secteur du Bâtiment et Travaux Publics, il devrait connaître une hausse de 3,5% en 2021 après un repli de 3,8% enregistré en 2020. Ce rythme de croissance devrait être attribuable à la reprise des travaux d’infrastructure et au dynamisme que devrait connaître la branche du bâtiment, stimulé par la politique publique mise en œuvre en 2020 pour encourager la demande.

Les mesures entamées par l’Etat dans le cadre de la loi des finances rectificative 2020, axées principalement sur l’amélioration et l’assouplissement des conditions de financement et les avantages fiscaux, devraient fortement soutenir la demande des ménages en logement et encourager les promoteurs immobiliers à investir.

En outre, les activités tertiaires marchandes, bénéficiant de la reprise de la demande intérieure, devraient renouer avec une croissance positive de l’ordre de 4,7% en 2021 attribuable à la bonne tenue de la plupart des services après une forte baisse de 9,2% enregistrée en 2020.

Les activités touristiques et le transport, qui ont pâti durant l’année 2020 des effets des restrictions à la mobilité et de la fermeture des frontières, affichant ainsi des récessions aiguës de -55,9% et -32% respectivement, devraient connaître un redressement sous l’effet de l’ouverture progressive et de l’assouplissement des mesures restrictives. Il s’agit notamment des dispositifs mis en place, sous les hautes instructions royales, pour faciliter le retour des MRE et encourager les rentrées des touristes étrangers.

De leur côté, les activités du commerce devraient afficher un bon comportement en 2021 stimulées par la performance des activités primaires et l’atténuation des restrictions de déplacement au deuxième semestre. Elles devraient ainsi enregistrer une croissance de 6,3% en 2021 au lieu d’une chute de 10,7% en 2020.

Dans ce contexte de rebond de la croissance économique, le marché du travail devrait connaître un redressement et le taux de chômage au niveau national devrait, sous l’hypothèse de la poursuite de la baisse tendancielle du taux d’activité, se situer à près de 10,9% au lieu de 11,9%, enregistré en 2020.

Exportations, importations et déficit courant : les tendances de 2021

Les échanges extérieurs devraient connaître une amélioration significative en 2021, sur fonds des espoirs nés des campagnes de vaccination et de l’ampleur des programmes de soutien entrepris. De même, les indicateurs de reprise se sont améliorés chez nos principaux partenaires engendrant un rétablissement de la demande adressée au Maroc avec un taux de 9,3% en 2021 au lieu d’une baisse de 9,2% en 2020.

Cette situation devrait contribuer au rétablissement du rythme de croissance des exportations des secteurs productifs nationaux. À l’exception du secteur aéronautique qui continuerait de subir les conséquences des restrictions aux voyages internationaux, les exportations des secteurs des métiers mondiaux devraient connaître un retour de leur rythme de croissance, profitant de l’amélioration des conditions économiques et de la reprise prévue de la consommation chez les principaux partenaires.

En outre, la consolidation des performances productives, conjuguée à une demande étrangère stable, devrait permettre aux exportations du phosphate et ses dérivés de garder leur tendance haussière. De même, les exportations des produits de l’agriculture et de l’agroalimentaire devraient maintenir leur sentier de croissance profitant des retombées positives de l’amont agricole et de l’effort déployé pour l’approvisionnement des marchés en réponse à une demande étrangère consolidée.

En parallèle, le redressement des exportations du secteur du textile devrait rester tributaire de la reprise de la demande extérieure adressée à ce secteur et de la capacité concurrentielle de ses produits sur le marché international. A cet égard, ces exportations devraient s’inscrire en amélioration.

La reprise de la chaîne de production et le raffermissement que devraient connaître les exportations nationales, devraient entraîner une hausse des importations des intrants industriels et des demi-produits. Par ailleurs, les perspectives d’une bonne année agricole devraient contribuer à la réduction des besoins nationaux en produits alimentaires notamment en céréales, ce qui devrait alléger la facture alimentaire importée. En outre, les mesures de restriction de déplacement imposées ainsi que l’effet du recul du secteur touristique et celui du transport au premier semestre, devraient impacter les importations des produits énergétiques. Cependant, la reprise de la demande intérieure devrait se traduire par une augmentation des importations des produits finis de consommation.

En tenant compte d’un redressement progressif mais lent des échanges de services, les exportations de biens et de services en volume devraient enregistrer une augmentation de 10,8% par rapport à une baisse de 14,3% enregistrée en 2020.

De même, les importations devraient afficher une hausse de 11,5% au lieu d’un recul de 12,2% enregistré en 2020. Ainsi, la demande extérieure nette devrait renouer avec ses contributions négatives à la croissance du PIB de -1,1 point par rapport à une contribution positive de +0,2 point enregistrée en 2020.

Le redressement de la demande mondiale devrait contribuer à un renchérissement quasi-synchronisé des prix des matières premières. Cette augmentation des cours à l’international, devrait profiter aux exportations nationales notamment en matière de produits de phosphate et dérivés, mais devrait pénaliser partiellement la facture énergétique et alimentaire, quoique réconfortée par une faible demande intérieure de ces produits.

Ainsi, les exportations de biens et services devraient enregistrer une augmentation en valeur de 12,2%. De même, les importations de biens et services devraient afficher une hausse de 13,2%. C’est ainsi que le déficit en ressources devrait atteindre 10,1% du PIB, en accentuation par rapport à 8,8% du PIB enregistré en 2020. En outre, la bonne tenue des transferts des MRE devrait atténuer l’accentuation du solde déficitaire du compte courant de la balance des paiements situé à -2,5% du PIB contre -1,8% du PIB enregistré en 2020.

Allègement timide du déficit budgétaire et poursuite de la montée de l’endettement

Tenant compte du recul des recettes des comptes spéciaux du trésor et du maintien des dépenses d’investissement à près de 6,4% du PIB, le déficit budgétaire devrait se maintenir à un niveau élevé, bien qu’en allègement par rapport à 7,6% enregistré en 2020 pour se situer à 6,3% du PIB en 2021.

La situation des finances publiques serait ainsi marquée en 2021 par une légère atténuation du déficit budgétaire, après sa dégradation historique en 2020. Ce dernier devrait rester, toutefois, à un niveau élevé qui rend le retour à la situation d’avant la crise, un objectif difficile à atteindre, au moment où l’Etat mène une politique de relance, visant le soutien des secteurs productifs et la réduction des disparités sociales.

Ce déficit serait maintenu à un niveau élevé malgré le redressement des recettes de l’Etat, note le HCP.

Les recettes ordinaires devraient profiter en effet du redressement des recettes fiscales en relation avec la reprise prévue de l’activité économique et des mesures prises pour atténuer les répercussions de la crise sur le budget général de l’Etat et pour renforcer ses recettes.

Le redressement des recettes fiscales, qui devraient atteindre près de 17,9% du PIB en 2021, proviendrait essentiellement de l’augmentation des recettes de la TVA à l’intérieur, profitant de l’accroissement de la consommation des ménages. Les recettes de l’impôt sur le revenu devraient, quant à elles, se maintenir à 3,7% du PIB. De leur part, les droits de douane et ceux d’enregistrement devraient profiter respectivement de la progression des importations, tirée par la reprise de la demande intérieure et des performances de l’activité immobilière. En revanche, les recettes des impôts sur les sociétés devraient afficher une baisse, suite aux effets négatifs de la crise sur les résultats des entreprises durant l’année 2020.

Quant aux recettes non fiscales, elles devraient bénéficier des entrées attendues des dons, de celles de la privatisation, de la mesure d’exonération de l’impôt sur les sociétés des cessions des participations des EEP à partir de 2021 ainsi que des recettes générées par des mécanismes de financement innovants. Dans ces conditions, les recettes ordinaires devraient passer à 20,8% du PIB en 2021 au lieu de 21% en 2020.

Au niveau des dépenses publiques, celles-ci seraient alourdies par la poursuite de la mobilisation des fonds nécessaires pour le financement des projets annoncés dans la loi de finances 2021 et par les efforts de rétablissement des équilibres macroéconomiques. Ces dispositifs concernent l’atténuation de la charge fiscale sur les secteurs en difficulté, la généralisation de la protection sociale, le soutien de la relance, de l’emploi en plus de la contribution au Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Ainsi, les dépenses ordinaires continueraient d’afficher une hausse en 2021, attribuable notamment à la rigidité à la baisse de la masse salariale. Celle-ci devrait représenter près de 11,9% du PIB, sous l’effet de l’application des mesures de la 3ème phase du dialogue social. Les charges de la compensation, de leur part, devraient  s’alourdir  pâtissant de la hausse prévue de la facture du gaz butane et du renchérissement en 2021 des cours du sucre à l’international. Dans ces conditions, les dépenses de compensation devraient s’accroître de 16,8% en 2021, pour s’établir à 1,3% du PIB.

Dans ces conditions, la persistance du niveau élevé du déficit budgétaire devrait entraîner une nouvelle augmentation de la dette publique qui serait couverte en 2021 principalement par le recours au marché domestique et dans une moindre mesure par la mobilisation des financements extérieurs.

Tenant compte de la part de la dette extérieure garantie qui devrait afficher en 2021 une légère atténuation pour se situer à 15,4% du PIB comparativement à la moyenne de 16,2% durant la période 2015-2020, le ratio de la dette publique globale devrait s’accentuer pour passer de 92,5% du PIB en 2020 à 92,7% en 2021.

Un taux de croissance de 2,9% en 2022

Le Produit Intérieur Brut devrait enregistrer un taux de croissance de l’ordre de 2,9% en 2022 après une reprise de 5,8% prévue en 2021.

En terme nominal, le produit intérieur brut devrait enregistrer une progression de 3,8%. Cette évolution fait ressortir une légère hausse de l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, de 0,9 % au lieu de 1,5 % en 2021.

La demande intérieure, qui croîtrait de 3,4%, devrait continuer en 2022 de soutenir l’activité économique nationale, bien qu’avec un niveau moins élevé qu’en 2021 (+6,4%). Elle devrait être soutenue par la poursuite du raffermissement de l’investissement brut et de la consommation finale nationale. Sa contribution à la croissance économique nationale devrait baisser à 3,6 points au lieu de 6,9 points en 2021.

Ces perspectives économiques pour l’année 2022 tiennent compte des nouvelles tendances de l’environnement international, notamment de l’évolution des prix des matières premières en quasi-stabilisation et de la demande mondiale adressée au Maroc qui devrait augmenter de près de 6,7% en 2022 après 9,3% en 2021.

Ces prévisions prennent également en considération, la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2021 et une production céréalière moyenne durant la campagne agricole 2021/2022.

Toutefois, ces perspectives devraient rester entourées de fortes incertitudes liées principalement à l’évolution de la situation épidémiologique et à l’aboutissement du processus de vaccination aux niveaux national et international.

Poursuite du déséquilibre des finances publiques en 2022

Ces perspectives de croissance seraient insuffisantes pour atténuer largement le déséquilibre budgétaire. Les perspectives des finances publiques en 2022 supposent la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2021 qui s’inscrit dans la continuité de l’effort d’investissement et du soutien de l’activité économique.

Néanmoins, le besoin de financement devrait poursuivre son allègement en 2022, sous l’effet de la reprise progressive des recettes fiscales, attribuable à la poursuite du raffermissement des activités non agricoles et au retour du dynamisme de la demande intérieure bénéficiant du taux modéré de l’inflation et du regain de confiance des opérateurs économiques.

Sous l’hypothèse du maintien de l’effort d’investissement du Trésor à près de 6,2% du PIB, les finances publiques devraient connaître un déficit budgétaire élevé malgré sa légère atténuation,  pour se situer à 6% du PIB en 2022 au lieu de 6,3% attendu en 2021.

Face à cette situation déficitaire, le taux d’endettement du Trésor devrait poursuivre sa tendance haussière, passant de 76,4% du PIB en 2020, à 77,3% en 2021 puis à 79% en 2022.

Tenant compte de la dette extérieure garantie, qui devrait se limiter à 14,9% du PIB en 2022, la dette publique globale serait portée à hauteur de 93,9% du PIB au lieu de 92,7% attendu en 2021.

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