Recrutement des médecins étrangers : la profession maintient la pression sur la tutelle

Le recrutement des médecins étrangers est toujours la cible d'une offensive des organisations syndicales et professionnelles du secteur de la santé qui cherchent à verrouiller le processus via des amendements proposés à la tutelle et déposés au parlement.

Recrutement des médecins étrangers : la profession maintient la pression sur la tutelle

Le 21 juin 2021 à 13h55

Modifié 21 juin 2021 à 14h09

Le recrutement des médecins étrangers est toujours la cible d'une offensive des organisations syndicales et professionnelles du secteur de la santé qui cherchent à verrouiller le processus via des amendements proposés à la tutelle et déposés au parlement.

Les organisations syndicales et professionnelles représentatives du secteur libéral de la santé font front commun contre le projet de loi 33-21 relatif à la pratique de la médecine.

L’ANCP, le SNMSL, le SNMG et le CSNMSP se sont réunis vendredi 18 juin, en présence de représentants de l’ordre des médecins, pour rappeler leur position par rapport au projet de la tutelle de recourir aux médecins étrangers pour combler le déficit du secteur en ressources humaines.

« Notre responsabilité nous oblige, en plus de mettre à profit les expériences, l’expertise et les compétences marocaines dans le domaine de la santé, à faire des observations et de soumettre des propositions relatives à l’arsenal juridique qui fera l’objet d’amendements », lit-on dans le communiqué publié par les quatre organisations.

Un point concentre l’attention des syndicats et sur lequel ils ne comptent pas lâcher la pression. Il s’agit de la facilitation des conditions de l’exercice des médecins étrangers au Maroc. « Ce volet doit être encadré par des garanties juridiques afin de protéger la santé des Marocains et préserver leurs droits », insistent les syndicats.

Les syndicats déclarent, comme rappel, que le Maroc a en effet besoin de « ressources humaines pour combler le déficit et fournir le personnel  nécessaire pour répondre aux exigences des grands projets liés à la santé des citoyens ».

Pour ce faire, ils appellent à « former davantage de médecins et cadres de santé afin de répondre aux besoins croissants en services de santé de qualité ».

« Nous n’avons pas pu atteindre le seuil de 3.000 médecins diplômés par an, ce qui nécessite d’imaginer des formules pratiques qui favorisent l’attractivité de cette profession ».

Ils demandent aussi à la tutelle , « de se concentrer sur la réforme des conditions d’exercice de la profession dans les secteurs public et privé afin d’arrêter l’hémorragie de la fuite des cerveaux », en rappelant que « plus de 600 médecins quittent le pays pour travailler à l’étranger ».

Sur la question des médecins étrangers, les syndicats expliquent que par « souci de valorisation des services de santé, nous mettons en garde contre la dérive d’ouvrir les portes sans offrir les garanties et imposer des conditions qui préservent la santé des Marocains ».

« D’autant plus que les médecins marocains eux-mêmes, après avoir terminé leur formation à l’étranger, et lorsqu’ils souhaitent exercer la profession de médecin au Maroc, font face à un parcours du combattant avant d’obtenir l’équivalence qui leur permet d’exercer la profession ».

Aussi, ils appellent le Ministère de la Santé, et à travers lui le gouvernement marocain, « à fournir des services de santé de qualité à tous les citoyens marocains de manière juste et égale, qu’ils reçoivent des soins de médecins marocains ou de médecins étrangers exerçant dans notre pays » et cela « en mettant en place des procédures pour s’assurer de la compétence des médecins étrangers qui seront amenés à travailler au Maroc, et à vérifier leur expérience, grâce à la coopération de toutes les parties concernées ( Ordre des médecins, Ministère de la santé, Ministère de l’Enseignement supérieur, ministère de l’intérieur et autres….).

Les syndicats appellent aussi à valoriser toutes les initiatives qui encourageraient le retour des médecins marocains exerçant à l’étranger dans le sens de mettre en place une série de mesures et d’incitations à inclure dans le projet de loi 33-21.

Ils demandent également à la tutelle d’annoncer des actions concrètes qui visent à encourager les médecins à travailler dans les zones éloignées et les déserts médicaux.

« Nous insistons sur la nécessité d’aller dans le sens  de la résolution d’un certain nombre de problèmes du secteur de la santé et non de les compliquer », ajoutent les syndicats qui précisent que leurs propositions d’amendements ont été déposées auprès du chef du gouvernement, du ministère de la santé, au parlement, et à l’ordre des médecins.

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