Nouveau modèle de développement : Ghita Lahlou explique la partie mise en oeuvre

Pacte national pour l'appropriation du NMD, instance constitutionnelle pour affiner et protéger le modèle, une delivery unit pour l'exécution, les task forces... Ghita Lahlou, membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement, explique la gouvernance et la méthode de mise en oeuvre proposées pour réussir ce chantier.

Nouveau modèle de développement : Ghita Lahlou explique la partie mise en oeuvre

Le 10 juin 2021 à 10h56

Modifié 10 juin 2021 à 11h10

Pacte national pour l'appropriation du NMD, instance constitutionnelle pour affiner et protéger le modèle, une delivery unit pour l'exécution, les task forces... Ghita Lahlou, membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement, explique la gouvernance et la méthode de mise en oeuvre proposées pour réussir ce chantier.

Ghita Lahlou est la directrice de l’Ecole centrale de Casablanca et administrateur au sein du Groupe Saham. Le 12 Décembre 2019, elle a été nommée par le Roi comme membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement. Durant la rencontre-débat organisée le 3 Juin dernier par Médias24 sur le volet économique du nouveau modèle de développement, elle a apporté des éléments de réponse concernant la méthodologie, la doctrine du NMD, la gouvernance, la mise en œuvre et le capital social. En voici l’essentiel

La méthodologie

La mission a été complexe. Ghita Lahlou explique : « l’exercice exhaustif qui a été fait, je pense que c’est une première, c’était l’une de nos grandes singularités, par rapport à énormément de travaux de stratégie qui ont été faits historiquement par silos. Toute la difficulté a été d’abord de prioriser et de choisir nos combats, parce que chacun est arrivé avec dans sa besace, une thématique à défendre coûte que coûte, donc il fallait arriver à harmoniser tout ça, et surtout arriver à gérer l’intrication et le problème de la cohérence globale ». Elle ajoute «Nous étions de tous horizons, de toutes sensibilités, de toutes origines. Nous avions presque un tiers de nos membres qui viennent de la diaspora ».

« Dans cette priorisation entre le bloc économique, le bloc capital humain (comme bénéficiaire du service public et comme capacité à créer de la valeur), et le bloc de la mise en œuvre (le comment), la question de par où commencer dans ce triangle infernal s’est posée. Et ce qu’on a essayé d’imaginer c’est un dispositif totalement complet qui arrive à s’auto-organiser, de s’irriguer et de se compléter », poursuit-elle.

La gouvernance

« Pour piloter ce modèle très intriqué, très exhaustif, il fallait déterminer un cap long. On a choisi 2035, on nous a laissé le choix ». 

« Ce cap long pour nous, doit être porté par deux instruments : D’abord par un dispositif d’appropriation et de partage, à travers le pacte national pour que toutes les institutions s’approprient le NDM » plaide-t-elle.

Elle continue : « Il y a ensuite un étage qui doit être constitutionnel, peu importe son hébergement. Il doit être sous la responsabilité de SM le Roi. Cette instance doit pouvoir affiner ce cap et ensuite le contrôler et le protéger, en lui donnant des espaces d’expérimentations, quitte à revenir en arrière ».

Les dispositifs de mise en œuvre

« La mise en oeuvre doit être impérativement gérée dans le cadre d’une delivery unit, dépendante du chef du gouvernement, qui doit avoir ce rôle d’exécution, d’arbitrage budgétaire et d’arbitrage entre ministères. Cette sorte de PMO (project management office) au niveau de la présidence du gouvernement, qui n’existe pas actuellement, doit être outillée par des recrutements de bon niveau et par les compétences nécessaires » avance-t-elle.

« Toutes les grandes priorités économiques mais qui ont des débordements sur des domaines tels que l’enseignement, l’innovation ou les territoires, devraient être gérés dans le cadre de ces fameuses task forces. Elles sont aussi dans le cadre d’une vision projet avec pour chacune d’elles, une capacité de mener les chantiers à travers l’association d’un leadership gouvernemental et leadership public (société civile, EEP, etc.). Là aussi il faudra recruter en mode projet, des compétences, des expertises, pour être capables de travailler sur les lois et réglementations, les investissements, ou tout ce qui peut bénéficier à un secteur donné » préconise-t-elle.

« A un moment, on nous a dit de nous arrêter en termes de granularité. Vu le nombre de sujets abordés, on n’était pas là pour faire des plans gouvernementaux ou des plans ministériels » explique-t-elle.

Le financement du modèle

« Au-delà de la gouvernance, on a travaillé jusqu’au financement du NMD. On a chiffré grand projet par grand projet. Les 6% de croissance ne sont pas sortis du chapeau, elles sont venues entre autres pour être capable de nous emmener dans le sens de l’émergence. On est toujours dans le lower middle income. Mais cette croissance, on en a besoin surtout pour pouvoir financer le NMD. Par exemple sur la santé, la couverture sociale universelle on l’a évalué à 1,5% de PIB en vitesse de croisière. En 2022, on devrait être à 17 MMDH de financement, entre la couverture santé, la rémunération des dispositifs et des ressources de santé, c’est énorme » avance-t-elle. 

Elle poursuit : « Grosso modo on a chiffré le NMD entre 8% et 10% du PIB, donc il faut bien les financer d’une manière ou d’une autre ».

« Ne croyez pas que ce NMD soit dissocié de l’économie, il est quasiment au pendant de l’économie, et c’est l’économie qui permettra de le déverrouiller » ajoute-t-elle.

« Les EEP peuvent être de véritables locomotives, si elles arrivent à faire leur restructuration de haut de bilan, de différencier leurs casquettes de production de leurs casquettes de régulation. Pour nous de grands groupes comme OCP doivent être de très grands boosters de l’économie, et dans ce cas de figure on est aller très loin dans nos propositions avec les experts » plaide-t-elle.

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