Covid. L’utilisation des tests antigéniques rapides peut réduire la transmission (études)

De récentes études scientifiques indiquent que, 20% des cas de Covid causent 80% de la transmission et que celle-ci est, principalement, aérienne. Ainsi, l'utilisation de tests antigéniques rapides, hautement sensibles, permettra de détecter, les cas de charge virale élevée et ainsi de réduire la propagation du virus.

Covid. L’utilisation des tests antigéniques rapides peut réduire la transmission (études)

Le 20 avril 2021 à 21h16

Modifié 21 avril 2021 à 12h19

De récentes études scientifiques indiquent que, 20% des cas de Covid causent 80% de la transmission et que celle-ci est, principalement, aérienne. Ainsi, l'utilisation de tests antigéniques rapides, hautement sensibles, permettra de détecter, les cas de charge virale élevée et ainsi de réduire la propagation du virus.

Dans une récente publication sur Facebook, Ahmed Rhassane El Adib, professeur en anesthésie-réanimation, au CHU Mohammed VI de Marrakech, explique, 3 études scientifiques à l’appui, que l’utilisation des tests antigéniques rapides qui ont une sensibilité élevée (supérieure à 97%), notamment les salivaires, peut permettre de détecter les cas de charge virale élevée et ainsi réduire, considérablement, la transmission du virus et les nouvelles infections.

En effet, entre 10 et 20% des cas causent 80% de la transmission, c’est ce qu’indique une récente étude sur l’hétérogénéité de la transmissibilité et de l’excrétion du SARS-CoV-2, via les gouttelettes et les aérosols, publiée le 16 avril sur le journal scientifique “eLife”.

Cette transmission est, généralement, réalisée par voie aérienne. Selon une étude publiée le 15 avril sur The Lancet, c’est la transmission aéroportée du virus qui domine.

Ainsi, lorsque les 20% de cas qui causent 80% de la transmission sont hautement infectieux, on parle alors de « super-propagation ».

Selon l’étude publiée sur eLife, la charge virale est un “facteur virologique intrinsèque, facilitant une plus grande propagation du SRAS-CoV-2”. La détection des cas de charge virale élevée, via les tests antigéniques rapides, va donc permettre de réduire les contaminations et ainsi alléger les restrictions strictes mises en place.

Disponible sur “MedRxiv”, une prépublication, datée du 2 mars 2021, compare entre 6 tests antigéniques rapides et rapporte que, la plupart d’entre eux, “ont montré une bonne sensibilité (supérieure à 90%), aux charges virales inférieures à 25, avec une sensibilité augmentant à plus de 95% par rapport aux échantillons infectieux”.

Pour Pr El Adib, “ces nouvelles études confirment ce que nous disions, depuis longtemps !”.

« Les individus hautement infectieux libèrent des dizaines à des milliers de virions de SRAS-CoV-2 par minute »

L’étude scientifique, publiée sur eLife, indique que “de nombreux cas de Covid-19 présentent, intrinsèquement, un risque de transmission minimal, tandis que les individus hautement infectieux libèrent des dizaines à des milliers de virions de SARS-CoV-2 par minute, via des gouttelettes et des aérosols tout en respirant, en parlant et en chantant”.

La figure ci-dessous montre, d’une part, le taux de particules expulsées par les activités respiratoires; à savoir la parole (A), le chant (B), la respiration (C) et la toux (D) et, d’autre part, une comparaison entre les taux d’émission d’aérosols due au chant et à différentes amplitudes de parole (E).

Les chercheurs derrière cette étude ont effectué une analyse comparative des données, sur les charges virales respiratoires du SARS-CoV-2, du SARS-CoV-1 et de la grippe A (H1N1) de 2009.

Cette comparaison permet de distinguer entre le temps estimé pour un cas de A (H1N1) pour expulser un virion (particule infectieuse d’un virus), via des gouttelettes ou un aérosol (B) et celui estimé, pour un cas de SARS-CoV-2 (D).

Transmission aéroportée: Les preuves sont là! 

La transmission par voie aérienne est “susceptible d’être la plus dominante”, selon une étude publiée le 15 avril sur The Lancet.

Elle conclut que, le fait de considérer qu’il existe un manque de preuves directes sur la transmission aérienne du SARS-CoV-2 est “une erreur scientifique”.

“Il existe des preuves, cohérentes et solides, que le SARS-CoV-2 se propage par transmission aérienne. Bien que d’autres voies puissent y contribuer, nous pensons que la voie aérienne est susceptible d’être dominante. La communauté de la santé publique doit agir, en conséquence, et sans plus tarder”, alerte les chercheurs.

Pour étayer leur position, ces derniers listent les preuves répertoriées dans ce sens. Il s’agit, notamment, des résultats d’analyses détaillées des comportements humains, de la taille des pièces, l’aération ainsi que d’autres variables, dans les concerts de chorale, les navires de croisière, les établissements correctionnels etc.

Selon ces résultats, la propagation du SARS-CoV-2 ne peut pas être suffisamment expliquée par les gouttelettes et les fomites, puisque “l’incidence élevée de tels événements suggère, fortement, la prédominance de la transmission par aérosol”.

Aussi, “la transmission à longue distance du virus entre des personnes, dans des chambres adjacentes, mais jamais en présence l’une de l’autre, a été observée dans des hôtels de quarantaine”.

Autre preuve: la transmission asymptomatique ou pré-symptomatique du virus, par des personnes qui ne toussent pas ou n’éternuent pas, est susceptible de représenter au moins un tiers, et peut-être jusqu’à 59%, de toutes les transmissions dans le monde et est un moyen clé par lequel le SARS-CoV- 2 s’est répandu dans le monde entier, soutenant ainsi un mode de transmission, principalement, aéroporté. Sachant que le fait de parler produit des milliers de particules d’aérosol et quelques grosses gouttelettes, “ce qui soutient la voie aérienne”, souligne l’étude.

Celle-ci précise également que le virus a été identifié dans des échantillons d’air provenant de pièces occupées par des patients atteints du Covid-19 ainsi que de la voiture d’une personne infectée et que le SARS-CoV-2 a été identifié, dans les filtres à air et les conduits des bâtiments, dans les hôpitaux avec des patients atteints de la Covid-19.

“Ces emplacements ne pouvaient être atteints que par des aérosols”, lit-on dans l’article.

Au vu de ces éléments, les chercheurs recommandent, pour réduire la transmission aérienne du virus, de mettre en place des mesures pour éviter l’inhalation d’aérosols infectieux, y compris par l’aération, la filtration de l’air, la réduction des rassemblements et du temps passé à l’intérieur, l’utilisation de masques à l’intérieur, la qualité des masques et une protection de haut niveau, pour le personnel de santé et travailleurs de première ligne.

Pour sa part, Pr El Adib conclut que, pour arriver à réduire considérablement les cas ainsi que les interventions strictes à l’échelle populationnelle, il convient de détecter, via tests antigéniques rapides, les 20% de cas, à forte charge virale responsables de 80% de transmission.

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