Le vaccin contre la grippe saisonnière sera disponible fin octobre

Les professionnels de la santé sont vivement incités à faire de la sensibilisation auprès de leurs patients pour qu’ils se fassent vacciner contre la grippe, surtout chez les sujets à risques. Le personnel soignant lui-même doit également se faire vacciner car sa présence est cruciale pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Le vaccin contre la grippe saisonnière sera disponible fin octobre

Le 1 octobre 2020 à 13h53

Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Les professionnels de la santé sont vivement incités à faire de la sensibilisation auprès de leurs patients pour qu’ils se fassent vacciner contre la grippe, surtout chez les sujets à risques. Le personnel soignant lui-même doit également se faire vacciner car sa présence est cruciale pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

La disponibilité du vaccin anti-grippal au Maroc est prévue pour la fin du mois d’octobre 2020. L’information a été communiquée ce matin même à Médias24 par le groupe Sanofi Maroc-Tunisie-Libye.

Pour la saison grippale 2020-2021, Sanofi Pasteur mettra en vente sur le marché marocain le vaccin grippal quadrivalent, c’est-à-dire qui s’attaque à quatre souches du virus, a indiqué à Médias24 la filiale marocaine de l’entreprise pharmaceutique.  »Il permettra une protection plus large et donc une meilleure efficacité », a-telle précisé.

La mutation des virus entraîne immanquablement une mise à jour des vaccins ; c’est la raison pour laquelle celui de la saison grippale 2020-2021 sera quadrivalent. Pour être plus efficace, donc.  »Les vaccins contre la grippe ont une efficacité imprévisible souvent modeste. Imprévisible, c’est-à-dire que l’efficacité peut culminer à 60 à 70% certaines années, contre 20 à 30% d’autres années durant lesquelles les virus qui circulent ne sont pas complètement les mêmes que ceux qui sont dans le vaccin », a expliqué le Pr Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie et pédiatre à l’hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne), mercredi 30 septembre lors d’un wébinaire consacré aux recommandations de la vaccination anti-pneumococcique et anti-grippale en période de Covid-19.

L’efficacité du vaccin contre la grippe varie aussi en fonction de l’âge : après 75 ans, il est moins efficace.  »Les études montrent que passé cet âge, le vaccin n’a pas l’efficacité qu’il devrait avoir. Avant 65 ans, l’efficacité est bonne », a précisé le Pr Cohen.

La date de vaccination, un facteur important dans l’efficacité du vaccin

La date de la vaccination intervient également parmi les facteurs qui influencent l’efficacité du vaccin anti-grippal : plus le sujet est âgé, plus il court le risque de contracter la grippe, et par conséquent plus la date de la vaccination est importante. La date de vaccination idéale pour les sujets âgés ou ayant de faibles défenses immunitaires oscille entre le 1er novembre et le 1er décembre –  »en tout cas pas début octobre ».

En revanche, les professionnels de santé peuvent se faire vacciner plus tôt. Plus susceptibles d’être contaminés, et donc contaminants, ils doivent être priorisés dans la vaccination contre la grippe, particulièrement au regard du contexte sanitaire actuel car leur présence est cruciale dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.  »Ils ont un rôle extrêmement important dans la prise en charge de la pandémie : un médecin malade, c’est un médecin qui ne travaille pas », a averti le Pr Cohen.

Assurer la disponibilité des doses, un enjeu crucial

Mais pour assurer une couverture vaccinale la plus large possible, y compris au-delà des sujets prioritaires, il faut pouvoir garantir la disponibilité des doses.  »On ne peut pas établir une stratégie et émettre des recommandations sans logistique. Il faut déjà connaître le nombre de doses dont on dispose afin d’adapter au mieux la stratégie à la logistique. Les vaccins contre la grippe, du fait des délais de fabrication (qui s’étalent sur plusieurs mois) et des capacités des producteurs, doivent être commandés plusieurs mois à l’avance. On ne peut pas demander aux autorités de santé d’avoir deux millions de doses supplémentaires d’un coup », prévient le Pr Cohen.

Sur ce point, le groupe Sanofi Maroc-Tunisie-Libye ne nous a pas fourni davantage de précisions que celles qu’il nous avait communiquées début septembre :  »Comme chaque saison grippale, Sanofi Pasteur approvisionne ses différents marchés (publics et privés) en fonction des prévisions et des quantités préalablement définies. En cas de demande exceptionnelle liée au contexte actuel, le groupe déploiera les efforts nécessaires, en étroite collaboration avec les autorités de santé, pour répondre aux urgences de santé publique. »

Impossible pour la filiale marocaine d’avancer un chiffre précis, ni même une estimation.  »Sanofi satisfait les demandes en vaccins en fonction des commandes exprimées dans les délais par les autorités sanitaires de chaque pays et par le marché privé », nous avait-on dit. Le prix public de vente, lui, est clair : le vaccin sera vendu dans les pharmacies marocaines au prix de 125.30 DH.

Informer pour mieux convaincre

La disponibilité des doses n’est cependant pas la seule variable dans la course à la vaccination contre la grippe : encore faut-il que la population accepte de se faire vacciner. Car l’enjeu est de taille : la vaccination anti-grippale permet d’éviter de confondre les symptômes du Covid-19 avec ceux de la grippe, très similaires, et ainsi de ne pas engorger davantage les hôpitaux.

 »Il y a une différence entre ce que peut dire une personne et ce qu’elle peut faire. En termes d’acceptabilité, il faut agir sur le comportement, pas sur les connaissances », fait remarquer à juste titre le Pr Abdelfattah Chakib, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU Ibn Rochd de Casablanca, autre intervenant du wébinaire. Les attitudes positives prédisposent effectivement l’acceptation de l’acte, souligne-t-il, mais il faut axer les efforts de sensibilisation sur les comportements.

 »La première des choses à faire, c’est d’informer les professionnels de santé, qui doivent eux-mêmes informer la population. Il faut rassurer, car il y a une perte de confiance au sein de la population, notamment en raison d’un certain nombre de théories complotistes et fantaisistes véhiculées sur les réseaux sociaux. Le vaccin peut certes provoquer des effets indésirables, mais il ne tue pas », insiste le Pr Abdelfattah Chakib. Il le redit : la grippe n’est pas une maladie grave, mais chez un sujet âgé, immunodéprimé ou porteur d’une maladie chronique, elle le devient.

Et d’ajouter :  »Les Marocains ne connaissent pas les effets secondaires du vaccin contre la grippe pour la simple raison que nous ne faisons pas de vaccino-vigilance le concernant. Les médecins ne déclarent pas les effets secondaires, même les cas minimes. Or on doit pouvoir dire aux gens :  »On a vacciné 30 000 de personnes : on a eu 10.000 cas de fièvre mais 0 cas de mort. »

 »Dire que ce vaccin est mal toléré, c’est complètement faux », appuie le Pr Cohen.  »Il n’y a pas d’années où il n’y a pas de bénéfice à se faire vacciner. Même si le taux d’efficacité global du vaccin a plafonné autour de 30% certaines années, les personnes vaccinées ont toujours gagné un bénéfice à se faire vacciner. »

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