Tractations politiques: tous les regards sont désormais tournés vers le Roi

Le Roi Mohammed VI sera de retour de sa tournée africaine dans les prochaines heures ou prochains jours. Ce retour est scruté car les milieux économiques vivent dans l’attentisme provoqué par l’absence de gouvernement. On espère un déblocage dans la foulée du retour du Roi sans savoir quelle forme prendrait cet éventuel déblocage.

Tractations politiques: tous les regards sont désormais tournés vers le Roi

Le 6 mars 2017 à 14h46

Modifié 11 avril 2021 à 1h07

Le Roi Mohammed VI sera de retour de sa tournée africaine dans les prochaines heures ou prochains jours. Ce retour est scruté car les milieux économiques vivent dans l’attentisme provoqué par l’absence de gouvernement. On espère un déblocage dans la foulée du retour du Roi sans savoir quelle forme prendrait cet éventuel déblocage.

>Saisir le Chef de l’Etat

A plusieurs reprises, Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement désigné, a annoncé que faute de progrès dans les tractations, il irait rendre compte au Roi Mohammed VI dès son retour.
La réponse du Roi est la grande inconnue. S’interdira-t-il d’arbitrer entre les partis? Ou bien constatera-t-il l’échec? Et s’il constate l’échec, quelle décision prendra-t-il? Choisir un autre dirigeant du même parti? Choisir un autre parti? Convoquer de nouvelles élections et si oui, à quelle date?
Ces pistes sont loin d’être exhaustives. Le champ des spéculations est immense.
En un mot, si Benkirane n’accepte pas l’USFP, il ira rendre compte au Roi de l’impossibilité à former le gouvernement. Et personne n’est capable de prévoir ce que le Roi décidera.
>Un peu d’arithmétique
L’impasse s’est cristallisée sur la participation ou non de l’USFP. Akhannouch a annoncé samedi que le RNI n’entrera pas au gouvernement sans l’USFP. Benkirane dit exactement le contraire. La réalité arithmétique, c’est qu’Akhannouch a réuni autour de lui une majorité.

 


La répartition des forces politiques, en nombre de sièges à la chambre des représentants, se présente comme suit :
-un parti qui a décidé de ne pas participer: PAM, 102 sièges.
-un bloc PJD-PPS:137 sièges (125 + 12). Avec l’Istiqlal, ce total passe à 183.
-un bloc RNI-UC-MP-USFP: 103 sièges (37+19+27+20).
-l’Istiqlal, hors course pour le moment: 46 sièges.
La majorité est de 198 voix.
Une entente RNI-PJD (avec l’USFP) signifie une majorité confortable de 240 sièges.
Même avec l’Istiqlal, le bloc PJD-PPS atteindrait tout au plus 183 sièges seulement.
En réunissant autour de lui l’UC, le MP et l’USFP, Aziz Akhannouch prive Benkirane du seuil de 198 voix.
>L’attentisme.
Les échos qui remontent des milieux d’affaires sont contradictoires.
Des sources bien installées dans le business, évoquent une situation normale, avec les commandes, les paiements…
D’autres affirment le contraire: les paiements du secteur public (y compris l’administration) seraient bloqués ainsi que les commandes.
Au niveau des statistiques de la TGR (Trésorerie générale du Royaume), les flux et les volumes relatifs au mois de janvier (les seuls disponibles) paraissent normaux en comparaison avec janvier 2016.
Cela étant dit, il n’en demeure pas moins que l’atmosphère générale est attentiste et immobile. 
Les mois de janvier et de février ont été désastreux pour les ventes de produits de grande consommation. Les pluies abondantes n’arrachent qu’un petit sourire. La bourse est à la baisse. Les secteurs qui ont des problèmes structurels à régler ou qui espèrent des réformes ne peuvent que prendre leur mal en patience : ce gouvernement ne peut que gérer les affaires courantes. Le parlement est bloqué. L’administration est surtout gérée par la technostructure.
Tous les regards se tournent vers le Roi.
 

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