Le risque d’un cas d’Ebola au Maroc en novembre estimé à près de 30%

Des chercheurs américains ont établi des projections permettant d’identifier les pays courant les risques les plus manifestes «d’importer» un cas d’Ebola le mois prochain. Le Ghana, Etats-Unis et France présentent un risque plus élevé que le Maroc.  

Le risque d’un cas d’Ebola au Maroc en novembre estimé à près de 30%

Le 15 octobre 2014 à 15h13

Modifié 27 avril 2021 à 23h17

Des chercheurs américains ont établi des projections permettant d’identifier les pays courant les risques les plus manifestes «d’importer» un cas d’Ebola le mois prochain. Le Ghana, Etats-Unis et France présentent un risque plus élevé que le Maroc.  

L’épidémie du virus d’Ebola n’en finit pas d’alimenter une inquiétude qui gagne progressivement la planète, enregistrant chaque jour de nouveaux cas… Un constat alarmant qui anime la recherche conduite par une équipe de scientifiques américains de l’Université Northeastern de Boston. Spécialisés en modélisation des systèmes biologique et sociotechniques, les chercheurs du MOBS Lab se penchent sur les risques rencontrés par différents pays « d’importer » un cas de la fièvre hémorragique d’ici novembre.

Le Maroc, figurant dans cet inquiétant graphique, présente pour sa part un risque de près 30% de voir d’ici fin novembre un patient provenant d’une destination étrangère – dont les pays d’Afrique de l’Ouest – déclarant cette pathologie mortelle.

Si les scientifiques du MOBS Lab, cités par le site Business Insider, insistent particulièrement sur le fait que les données fournies se réfèrent seulement à l’éventualité « d’importation d’un cas », ils soulignent toutefois que ces sujets isolés ne signifient pas systématiquement l’émergence d’une nouvelle épidémie. Le risque de nouveaux foyers épidémiologiques hors des pays d’Afrique de l’Ouest serait même « rares » selon les chercheurs.

Cependant, afin d’établir cette projection classant le Ghana, les Etats-Unis et la France en tête des pays présentant les risques les plus importants, les chercheurs américains se sont appuyés notamment sur les chiffres du trafic aérien et le nombre de liaisons à destination des zones sensibles. « Les germes ont toujours voyagé, le problème c’est qu’ils circulent désormais à la vitesse d’un avion » précise Howard Markel, professeur d’histoire de Médecine à l’Université du Michigan, au New York Times.

Le Maroc prend-il toute la mesure de la situation ? Une question légitime en raison de l’engagement du Royaume à desservir les pays d’Afrique de l’Ouest menacés par l’épidémie. En effet, la compagnie aérienne nationale, Royal Air Maroc (RAM), se targue d’appartenir aux derniers bastions assurant les liaisons vers les zones à risque.

Alors que l’inquiétude enfle à l’échelle mondiale, le ministre marocain de la Santé, El Houssaine Louardi a pris la parole mardi 14 octobre au cours de la séance des questions orales à la chambre des Conseillers. Il assure à cette occasion « qu'aucun cas de la maladie à virus Ebola n'est enregistré au Maroc ». Il précise par ailleurs que de nombreuses mesures renforçant le contrôle aux aéroports, l'équipement de quatre laboratoires sur le plan national pour effectuer dans les plus brefs délais les analyses des cas suspects, ainsi que la mise en place d'espaces équipés pour prendre en charge les cas éventuels ont été mises en place.

Ces précautions indispensables (et suffisantes ?) constituent un premier rempart à la propagation de l’épidémie. Les chercheurs de l’Université de Boston signalent à cet effet que « les restrictions en matière de liaisons aériennes ont permis de retarder de 3 à 4 semaines la prolifération du virus de la fièvre hémorragique ».

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui tire quant à elle une vigoureuse sonnette d’alarme, tablent désormais sur 5.000 à 10.000 nouveaux cas par semaine à partir de décembre en Afrique de l’Ouest.

 

L’apparition de nouveaux cas aux Etats-Unis et en Espagne participent indéniablement à l'émergence d'une forme de psychose autour de l’épidémie de fièvre hémorragique, dont la propagation semble désormais incontrôlable. Le principe de précaution et la prudence guident ainsi les choix de nombreux touristes qui boudent le Maroc, présentant un risque potentiel, selon les voyageurs.

Cette même logique a été adoptée par les équipes de tournage du blockbuster attendu, « Batman vs Superman : Dawn of Justice », mettant en scène Ben Affleck et Henry Cavill dans les rôles principaux. Selon le site spécialisé Fansided, le long-métrage réalisé par Zack Snyder, qui devait être en partie tourné au Maroc, choisit désormais les paysages du Nouveau Mexique, estimé moins exposé au risque d’Ebola. Cette décision, loin d’être anodine, renvoie en filigrane aux conséquences économiques engendrées par l’épidémie dont le bilan humain s’alourdit inexorablement. Les derniers chiffres avancés par l'OMS font en effet état de 8.399 cas porteurs du virus Ebola et déplorent le décès de 4.033 malades.

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