Militaires algériens, français et américains interviennent en Libye

Militaires algériens, français et américains interviennent en Libye

Le 15 août 2014 à 14h44

Modifié le 11 avril 2021 à 2h36

Depuis la fin du mois de mai dernier, la lutte contre les jihadistes et Al Qaida au Maghreb (Aqmi) a pris une nouvelle dimension. Des troupes des trois pays sont intervenus en Libye contre les milices jihadistes armés. Egyptiens et Algériens coopèrent sur le terrain selon diverses sources.  

La première intervention tripartite a démarré le 26 mai en Libye selon des informations du Times de Londres qui cite des sources militaires et du renseignement. Un expert sur le sujet, Olivier Guitta, a expliqué, notamment sur Radio France Internationale (entretien en anglais) comment la coordination entre troupes algériennes basées à la frontière libyenne, soldats français basés au Tchad et au Niger et Américains basés en Espagne et en Libye et au Niger a commencé à se mettre en place.

Selon Akram Kharief du quotidien algérois El Watan, cité par Le Monde du 10 juin, "3.500 paras, soit un régiment complet, et un groupe logistique de 1.500 hommes se trouvent à la frontière côté libyen". Quelques jours auparavant, le 6 juin, Akram Kharief publiait sur les colonnes d’El-Watan un article intitulé "La guerre secrète de l’Algérie en Libye".

Depuis la prise d’otages sur le site gazier d’Ain Amenas en janvier 2013, l’Algérie s’est résolue à prendre la menace terroriste en provenance de Libye de manière plus sérieuse d’autant plus qu’Alger, ayant soutenu le régime de Khadafi jusqu’au bout, se savait menacée par les maîtres de Tripoli au lendemain de la mort de l’ancien colonel libyen.

Dans ce dossier militaire et sécuritaire, beaucoup d’éléments et d’informations concordent mais sont rarement formellement vérifiables de par leur nature même. Toutefois indique l’analyste Olivier Guitta sur les ondes de RFI, "l’Algérie ne peut ni confirmer ni démentir ce genre d’intervention car d’un côté, la constitution algérienne interdit l’envoi de troupes étrangères à l’étranger et ensuite parce qu’une confirmation serait reconnaître l’invasion du territoire d’un Etat étranger souverain".

Il n’en reste pas moins, notent plusieurs observateurs que trois semaines avant la première offensive algérienne, française et américaine contre les milices libyennes, le ministre français Jean-Yves Le Drian était à Alger, que depuis l’opération française Serval au Mali, les armées algérienne et française coopèrent sans parler de l’annonce en avril de l’implantation en Mauritanie, Mali, Tchad, Niger et Libye de centres de formation anti-terroristes américains.

Trois jours avant l’opération supposée du 26 mai, El Watan notait que le général Boualem Madi évoquait "la modernisation des forces armées qui ne se limite pas à une simple restructuration, mais surtout et avant tout à une parfaite adaptation aux nouvelles missions imposées par les nouveaux défis".

C’est dans ce contexte qu’à nouveau à la fin du mois de juillet dernier, de nouvelles informations difficilement vérifiables à ce jour sont venues indiquer que les militaires algériens, français et américains étaient de nouveau intervenus dans le sud libyen.

Début août, quelques jours après le premier déplacement officiel du général-président égyptien Sissi à … Alger, plusieurs sources indiquaient un partage des rôles en Libye entre Le Caire et Alger: à Alger, le bombardement de positions islamistes près de Tripoli, à l’aviation du Caire le pilonnage des islamistes du côté de Benghazi. A noter dans ce contexte que depuis la veille de l’été, une armée libyenne libre est "dirigée" par un ancien général libyen Khalifa Hafter, un ancien proche de Kadhafi formé en Virginie. Le parlement libyen qui vient d’être élu, a prononcé (sans succès) la dissolution de toutes les milices et a appelé à une intervention militaire étrangère pour protéger les civils.

Alger et le Caire pas rassurées par les développements en Libye

La presse met ces éléments en relation avec quelques déclarations officielles quoique parfois certaines d’entre elles puissent viser à détourner l’attention de l’opinion publique ou à la désorienter.

Mais sur ces affaires de sécurité et de frontières dans la région du Maghreb, la situation est devenue globalement assez préoccupante pour ne pas relâcher son attention. Ce n’est ainsi pas un hasard si en déplacement à Washington pour le sommet USA-Afrique le 4 août dernier, le chef du gouvernement algérien Abdelmalek Sellal déclarait que "l’Algérie n’acceptera jamais que la Libye se transforme en Libyenistan".

Il faut savoir que sur les 6.500 km de frontières terrestres dont dispose l’Algérie avec le Maroc, la Mauritanie, le Mali, la Libye et la Tunisie, seule la plus petite portion, tunisienne, est ouverte. Tout le reste est fermé sauf pour les contrebandiers en carburant et en réseaux d’émigration clandestine.

Quelques jours avant les déclarations de Sellal à Washington, le 1er août, Algérie-Focus s’interrogeait: "L’armée algérienne sur le point d’intervenir en Libye?" et de poursuivre: "Pour faire face au chaos qui règne en Libye depuis plusieurs mois, l’Algérie est prête à toutes les transgressions. A commencer par la possibilité d’une intervention militaire conjointe avec l’Egypte".

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