Marocains installés en Libye, l’étrange mutisme du Maroc

Alors que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader en Libye, le Maroc reste un des derniers pays à maintenir son ambassade ouverte à Tripoli. Contactés par notre rédaction, les autorités concernées par le sort de la communauté marocaine expatriée sont aux abonnés absents.  

Marocains installés en Libye, l’étrange mutisme du Maroc

Le 31 juillet 2014 à 17h30

Modifié 31 juillet 2014 à 17h30

Alors que la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader en Libye, le Maroc reste un des derniers pays à maintenir son ambassade ouverte à Tripoli. Contactés par notre rédaction, les autorités concernées par le sort de la communauté marocaine expatriée sont aux abonnés absents.  

Face à une Libye qui s’enfonce dans le chaos, la France, les Etats Unis, l’Allemagne, l’Algérie, la Tunisie et de nombreux autres pays ferment à tour de rôle leurs ambassades en enjoignant à leurs ressortissants menacés de quitter ce pays dans les plus brefs délais.

Malgré l’état de quasi-insurrection, le Maroc maintient toujours sa présence diplomatique à travers son ambassade à Tripoli et son consulat à Benghazi.

Mais le plus important, c’est le sort de la communauté marocaine.

Celle-ci, estimée à 100.000 personnes avant la révolution anti-Kadhafi (2011), constitue un enjeu économique non négligeable pour l’économie du Maroc.

Il faut peut-être y voir la raison pour laquelle, il n’est toujours pas d’actualité de procéder à leur rapatriement malgré la guerre civile qui s’aggrave.

Notre rédaction a essayé de joindre les représentations diplomatiques marocaines en Libye pour savoir si les résidents marocains avaient manifesté leur intention de rester sur place ou de rentrer au pays mais le téléphone est resté désespérément muet comme si ces lieux étaient déjà désertés.

Sollicités pour éclairer notre lanterne, nos interlocuteurs habituels du ministère des Affaires étrangères ainsi que celui des Marocains résidents à l’étranger nous ont annoncés que cette problématique n’avait toujours pas été abordée de manière officielle par leurs services.

Un membre de la commission des Affaires étrangères nous a affirmé en off qu’il appartenait aux expatriés de se mobiliser pour être rapatriés au Maroc et que sans quoi, le MAE n’avait pas à intervenir.

Au sein de la primature, un proche du Chef du gouvernement a déclaré n’avoir aucune information à communiquer sur ce sujet pour la bonne raison qu’il n’avait pas fait l’objet d’une réunion particulière.

Un éventuel rapatriement des expatriés qui se sentiraient menacés ou une fermeture programmée des représentations diplomatiques marocaines n’est donc toujours pas d’actualité. Les deux éléments sont d’ailleurs liés: dès lors que le rapatriement ne semble pas d’actualité, il est normal que l’ambassade reste ouverte aussi longtemps que possible.

Plus étonnant encore, malgré la fermeture officielle de l’aéroport international de Tripoli depuis le 13 juillet dernier, la RAM programme toujours des départs de Casablanca vers la capitale libyenne. C’est ce que nous avons constaté en appelant le service des réservations.

Malgré nos demandes d’information auprès de la compagnie aérienne, la direction de la communication a été incapable de nous expliquer comment était-il possible d’envoyer des avions à destination d’un aéroport fermé pour cause de combats meurtriers.

La seule porte de sortie actuellement praticable pour les ressortissants marocains qui pourraient craindre pour leur sécurité est la frontière terrestre entre la Libye et la Tunisie.

Mongi Hamdi, chef de la diplomatie tunisienne s’est dit mercredi 30 juillet prêt à autoriser le transit des tous les travailleurs étrangers par son territoire pour leur permettre de rentrer chez eux.

Il n’a cependant pas exclu de fermer les frontières terrestres car la Tunisie est incapable d’absorber en masse les milliers de libyens fuyant les combats qui opposent des factions rivales à Tripoli.

L’absence de prise de position officielle des autorités marocaines traduit probablement leur embarras face à la situation de nos compatriotes : comment rapatrier des dizaines de milliers de personnes ? Et, si elles étaient rapatriées, comment les prendre en charge économiquement parlant ou leur trouver du travail?

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