Label Hajj : de nouvelles règles et des sanctions

Face à la quasi-absence de concurrence entre les agences de voyages et aux nombreux abus dont font l'objet les pèlerins, un système de labellisation a été mis en place, avec son lot de sanctions et de nouvelles règles. Détails.  

Label Hajj : de nouvelles règles et des sanctions

Le 3 janvier 2014 à 10h01

Modifié 3 janvier 2014 à 10h01

Face à la quasi-absence de concurrence entre les agences de voyages et aux nombreux abus dont font l'objet les pèlerins, un système de labellisation a été mis en place, avec son lot de sanctions et de nouvelles règles. Détails.  

Après plus de six mois de suspens, le ministère du Tourisme, de concert avec la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM), a enfin rendu son verdict : seules 179 agences de voyages, sur 225 candidatures, auront le privilège d'organiser l'opération Hajj 2014.

Les critères? La réputation de l'agence, sa santé financière et son expérience dans l'organisation des voyages vers les lieux saints. «Nous avons dû exclure tous les dossiers qui ne satisfaisaient pas aux exigences en vigueur afin de protéger le client contre toute mauvaise surprise», nous explique Omar Sabri, secrétaire général de la fédération.

A travers cette décision, le département de Lahcen Haddad compte mettre fin à un laxisme qui caractérise un secteur où les dérives sont monnaie courante.

Lors de l'opération Hajj 2013, une infraction avait particulièrement défrayé la chronique: certaines agences de voyages ont fait usage de visas délivrés en Mauritanie pour contourner le système de quota, qui a baissé, l'année précédente, de 20% à cause des travaux d'élargissement de la zone de circumambulation.

Ce à quoi le ministère a répondu par une enquête dont le résultat a été rendu public dans un communiqué datant du 31 décembre: «Une réunion du CTCAV (un conseil de discipline) a été tenue afin d’examiner les dossiers de quatre agences de voyages ayant commis des infractions lors de l’opération de cette année, notamment pour défaillance d’encadrement et éventuelle organisation de la Moujamala.» Il s'agit de Prémices voyages, basée à Rabat, qui reçu un avertissement, de Habti voyages, installée dans la ville ocre, d'Al Quadissia voyages et d'Ad-Damane, basées à Casablanca, qui se sont vu toutes les trois retirer provisoirement leurs licences.

«Nous avons encore besoin d'un complément d'information avant de rendre le verdict final mais, dans tous les cas, la liste ne connaitra aucune modification», tranche Omar Sabri. Une démarche qui n'est pas sans déplaire aux boites ainsi sanctionnées: «Rien que le fait de nous écarter de la liste constitue une sanction pour nous, infondée du reste. Quant aux écarts qu'ils auraient constatés, ils n'ont qu'à nous les prouver», proteste Habti Idrissi Jalil, propriétaire et directeur de Prémices Voyages, qui menace, si le verdict venait à se confirmer, de mettre la clé sous la porte.

«Je ne pense pas que leurs licences seront retirées définitivement. Elles écoperont, après examen, d'un avertissement ou d'un blâme, et elles pourront, dès l'année prochaine, concourir à nouveau à l'organisation du Hajj», nuance le secrétaire général de la FNAVM.

Les nouvelles règles du jeu

En instaurant le système de labellisation, qui fait suite à l'adoption d'une seule et unique liste pour l'opération 2014, le ministère et la FNAVM entendent faire d'une pierre deux coups: renforcer la concurrence entre les voyagistes et revoir certaines règles qui, de par leur caractère contraignant, entravent le développement du secteur.

Ainsi, il appartiendra désormais à l'agence, dont le label Hajj est délivré pour une durée de trois ans, de déterminer le tarif à pratiquer, contrairement à l'ancienne règle, instituée par le ministère du Tourisme, qui plafonnait les prix des packages à 87.000 DH, selon qu'il s'agit de l'offre économique ou de luxe. Il en va de même pour les inscriptions, tributaires jusque-là du la ville de résidence du candidat, qui pourront désormais s'effectuer au niveau national. «Le ministère exercera son rôle en tant que juge, dans le cas où l'agence ne respecterait pas le contrat établi avec le client, mais il ne s'ingérera plus dans la fixation des tarifs», souligne Omar Sabri.

Toujours est-il qu'avec l'engouement grandissant des Marocains pour les Lieux saints, il n'est pas sûr que le rapport de force soit du côté du pèlerin.

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