Raja-Auckland vu dans un café de Casablanca

Le Raja s'impose face à Auckland (2-1). A défaut de voir la rencontre depuis le stade d’Agadir, des supporters se sont donné RDV dans les cafés de la ville blanche. Médias 24 s’est invité à l’un d’entre eux. 

Raja-Auckland vu dans un café de Casablanca

Le 12 décembre 2013 à 1h05

Modifié 12 décembre 2013 à 1h05

Le Raja s'impose face à Auckland (2-1). A défaut de voir la rencontre depuis le stade d’Agadir, des supporters se sont donné RDV dans les cafés de la ville blanche. Médias 24 s’est invité à l’un d’entre eux. 

Ambiance garantie pour ce match d’ouverture de la coupe du monde des clubs, le 11 décembre dans un café situé à quelques mètres des anciennes arènes de Casa. Et il y a de tout. Des jeunes, des moins jeunes, et même un petit garçon de 5 ans, tous habités par la même passion. En parlant de passion, le match démarre dans 15 minutes, et des musiciens traditionnels sans doute passionnés entrent sur la pelouse pour une mini cérémonie d’ouverture.  

«Il n’y a aucune charte graphique sur ce tableau, du vert, du rose, du jaune, du vert encore (…), alors que Ahouach, Gnaoua et Issaoua jouent en même temps. Sacrée salade», raille Hamid, un habitué du genre sarcastique. «Bon, ce n’est pas la cérémonie des J.O de Londres, mais ne soyons pas trop tatillons», rétorque son acolyte.  

Minute de silence en hommage à Mandela, et le match peut enfin démarrer. Faute de place, les retardataires se contentent d'une cigarette à l'entrée, les yeux rivés au loin sur l'écran. Les autres, assis côte à côte comme dans une salle de cinéma, se concentrent progressivement sur la rencontre, mais pas tous. Il se trouve que le club marocain le plus titré sur le plan international fait une saison presque à l’envers et pointe à une piteuse 8ème place, indigne de son statut, ce qui a coûté sa place d’entraineur à Mhamed Fakhir. Toutefois, même si ce début de saison est à oublier, une victoire dans une compétition internationale donnerait un second souffle à l’équipe et un peu de joie à ses supporters inconditionnels.

"Je parie que le Raja va perdre, comme il l’a d’ailleurs fait lors de ses deux derniers matchs. Et puis comment peut-il gagner alors que c’est son premier match avec son nouvel entraineur (Faouzi Benzarti, ndlr)?", lance Adil, un peu pessimiste.  

«Ils peuvent gagner, car à mon sens, l’équipe adverse est très moyenne. Peut-être que les Néo-Zélandais sont champions du monde de rugby, mais pour le foot il faudra repasser», plaisante un autre qui se définit comme supporter croyant mais pas pratiquant.

Mais revenons à notre rencontre. Les Verts entrent bien dans la partie et se procurent quelques occasions, mais il y a trop de déchets techniques, et la défense adverse se montre pour le moment solide. Poussés par leurs supporters, les joueurs du Raja dominent sans pour autant briller. Pour sa part, Auckland ne se laisse pas impressionner et opère la plupart du temps en contre, mais c’est rarement cadré. Fort heureusement !

A la 20ème minute, on se lève, on croit à l’exploit… Sur une passe lumineuse de Mouhcine Moutaoualli, Mouhcine Iajour se retrouve face au gardien mais rate son duel. Des clients manifestent bruyamment leur mécontentement, n’hésitant pas à donner les directives aux joueurs qui se trouvent à des centaines de km à vol d’oiseaux. Décidément, le foot fait perdre la raison.

Bref, une demi-heure est passée et le score reste inchangé. Ici, on boude, on se ronge les ongles, on critique. Et pour cause, les occasions dangereuses des Rajaouis s’enchainent, mais le club doit faire face à une muraille défensive et un gardien inspiré qui mettra à mal à plusieurs reprises les tentatives des champions du Maroc en titre. Ce soir, le véritable problème du Raja semble être la gestion tactique de la rencontre. Attaquer ou défendre quand on joue face à une équipe très regroupée, telle est la question.

39ème minutes, Mouhcine Iajour marque le premier but, celui de la délivrance. Les clients se lèvent comme un seul homme, grosse explosion de joie, le genre à réveiller les voisins à 200 mètres à la ronde. La foule chante des «Ooooh, Ooooh, ooooh» avec une ferveur remarquable.

«Regardes-moi ça, le Raja joue comme le Barça, vivement le match contre le Bayern», exulte Hamid dans un sursaut d’optimisme un peu démesuré.

Sinon, rien à signaler jusqu’au coup de sifflet de la première manche. Sur ce, les clients applaudissent la performance des verts, puis certains d’entre eux sortent changer d’air. Le serveur fait la tournée des tables pour encaisser. La routine, pour ceux qui connaissent.

Pendant la mi-temps, les publicités défilent et sont par moment entrecoupés par les avis «des experts», invités sur les plateaux d’Al Jazeera. Au café, personne ne semble intéressé par l’analyse de ces anciens footballeurs reconvertis…

Le match reprend. D’emblée, les verts se ruent sur le but des Néo-zélandais et enchainent les actions dangereuses. Mais curieusement, plusieurs clients semblent moins concernés par la partie. Pas pour longtemps car dès la 54ème minutes, l’équipe d’Auckland se montre plus offensive, donc plus dangereuse, alors que les joueurs du Raja multiplient les erreurs. Cela peut coûter cher.

Justement, sur une grossière faute défensive, sorte d’accident rocambolesque entre 3 joueurs du Raja, Krishna file droit au but et trompe le gardien. Là, ça jette un froid. Un client s'énerve, tape sur la table, renverse son café ness-ness, se confond en excuses, et en paye un autre. Très fairplay.

«Quelle honte, est-ce qu’ils n’ont jamais joué au Foot? A leur place je changerai de métier», lance celui-là même qui disait que son équipe de cœur jouait comme le Barça.

D’ailleurs, ces deux sympathiques quidams ne sont pas les seuls à s’emporter, l’ambiance est électrique dans ce lieu et les joueurs qui se trouvent à 450 km subissent les foudres des supporters. Bref, on gueule ostensiblement, bruyamment, jusqu’à la fugitive apparition sur écran d’un supporter à la gestuelle un peu farfelue, ce qui a constitué une belle attraction ! Grâce à lui, la tension a baissé d’un cran.

A cet instant, les joueurs du Raja décident de prendre leur destin en main et se montrent nettement plus inspirés. L’éternel rival du WAC use son adversaire en mettant un rythme hors norme et une pression constante, mais la défense résiste et parvient à dégager in extremis sur plusieurs incursions. Mais c’est indéniable, le Raja mérite de gagner.

«Le ballon ne veut pas rentrer, on n'y peut rien», dit stoïquement un client qui semble ne plus croire à l’exploit. Mais la désillusion est de courte durée. 

A la 92ème minute, Hafidi hérite d’un ballon à quelques mètres du but adverse et crucifie le gardien d’un tir imparable. Deuxième explosion de joie !

94ème minute, le temps réglementaire touche à sa fin mais l’arbitre n’a toujours pas sifflé. Chose que les clients n’ont pas manqué de lui rappeler. «Siffle, siffle, t’attends quoi?», Justement, l’arbitre siffle la fin de la rencontre. Les clients applaudissent une dernière fois alors que certains se font même des accolades. Leur équipe leur a donné de l’adrénaline et du plaisir.

Le Raja remporte donc haut la main son premier match et se qualifie pour le tour suivant. Il affrontera samedi les Mexicains de Monterrey. Pour sa part, le coach Tunisien Faouzi Benzarti, fraichement nommé, réalise l'exploit.

«Les Mexicains doivent se faire du mouron. Pourquoi ? Parce qu’on est vraiment forts», répond mon voisin de table qui change d’avis comme de chemise. 

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