Une étude de McKinsey: comment faire « une ville formidable »

Le discours royal du vendredi 11 octobre a mis l’accent sur un profond sujet de préoccupation des Marocains : le développement  souvent anarchique de leurs villes et la détérioration de la qualité de la vie en milieu urbain, particulièrement à Casablanca.

Une étude de McKinsey: comment faire « une ville formidable »

Le 12 octobre 2013 à 7h04

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Le discours royal du vendredi 11 octobre a mis l’accent sur un profond sujet de préoccupation des Marocains : le développement  souvent anarchique de leurs villes et la détérioration de la qualité de la vie en milieu urbain, particulièrement à Casablanca.

La capitale économique du pays Casablanca, longuement citée par le Souverain commela ville des gratte-ciels et des bidonvilles, de la richesse et de la misère qui se côtoient est un cas urbain marocain emblématique.

Les Casablancais des années 1960, 1970 et 1980 à se souviennent du Maârif, de Bourgogne et de Racine qui étaient des quartiers-villages urbains pas envahis par les ordures et la mendicité ; ils se souviennent des enfants de toutes catégories sociales qui pouvaient prendre le bus, le fameux numéro 9, pour se rendre à Ain Diab se baigner à la piscine, s’y promener ou aller y manger un sandwich de saucisses de foie!

Qui oserait aujourd’hui prendre le bus à Casablanca ou laisser ses enfants le prendre seuls, à part les plus familles les plus modestes?  L’insécurité aujourd’hui menace les habitants, on roule les vitres fermées, on est aux aguets dans la jungle urbaine. Casablanca vit aussi une dérive sécuritaire.

Casa mérite largement mieux

Il est vrai qu’aujourd’hui, Casablanca est devenue un îlot de prospérité qui court du Maârif à Anfa, sans oublier les enclaves de du Triangle d’Or (Triangle d’Or-dures certains jours), Longchamps, Polo, les Crêtes et Californie avec au milieu de tout cela, et tout autour, des quartiers surpeuplés, des eaux usées qui coulent le long de certaines avenues, des poubelles qui débordent et la pollution sonore et atmosphérique en plus.

C’est peut-être pour cela que Casablanca, que le Souverain fréquente depuis sa jeunesse, n’est plus le Casablanca d’antan. C’est pour cela que construire la Marina de Casablanca et le pôle financier de Casa-Anfa dans ce contexte urbain et social dégradé risque de faire échouer les meilleurs projets de la ville, et donc mettre la capitale économique sur une pente descendante en termes de développement économique et de prospérité. Là où Casablanca devrait être une des grandes vitrines des ambitions économiques et sociales marocaines.

Ce constat est d’autant plus inquiétant que comme l’a récemment rappelé le directeur de l’Institut National de l’Aménagement et de l’Urbanisme (INAU)  Abdelaziz Adidi à la veille de l’ouverte du récent Congrès des Cités et Gouvernements Elus (CGLU) à Rabat le 1er octobre,  «la population urbaine du Maroc est passée de 12% en 1960 à 60% aujourd’hui avec une prévision à 75% en 2040».

Les études, les benchmarks existent

Dans ce contexte, il se trouve que les consultants du Mckinsey Institute ont publié en septembre dernier une étude intitulée «How to make a city great?» que l’on pourrait traduire par «Comment faire une grande ville, ou une ville formidable ?», avec le sens du mot «grande» pas dans le sens de la taille de la qualité des services urbains, des équilibres sociaux et écologiques préservés et de la prospérité partagée.

Que disent en substance les experts de McKinsey ?   Trois choses essentiellement :

1. que « les grandes villes ou villes formidables sont celles qui réussissent à piloter et à obtenir une croissance intelligente dans le productif, l’écologique, le technologique et l’éducatif, une croissance qui réponde aux besoins des habitants ».

«Les bons leaders locaux, rapporte McKinsey, pensent aussi aux communes environnantes et à la région car au fur et à mesure que la ville s’agrandit, elle a besoin de développer des partenariats».  «Les villes doivent investir dans des infrastructures qui réduisent les émissions polluantes, la production de déchets et l’usage de l’eau», insistent les experts urbains.

2. «Les grandes villes sont celles qui font plus avec moins», en substance, des villes qui dépensent efficacement et dans la transparence car la transparence est très souvent synonyme d’efficacité et d’économie.

3.«Gagner les soutiens pour conduire le changement». « Les leaders urbains qui réussissent bâtissent une équipe de fonctionnaires performants, créent un environnement professionnel où l’on rend des comptes et où la concertation avec la société civile et les opérateurs économiques est essentiel le». Naturellement, on peut penser au Conseil de la ville du Grand Casablanca et ses chamailleries interminables depuis des années.

Basée sur les éléments d’une base de données qui a cherché à comprendre «ce que des leaders urbains ont fait pour améliorer les processus et les services en matière de gestion urbaine, de gestion financière et d’habitat social , l’étude de McKinsey est aussi basée sur des interviews conduites avec les maires de 30 villes du monde.

L’étude d’une cinquantaine de pages, disponible en ligne en anglais, compare également les actions, les méthodes et les résultats de 6 métropoles internationales : Vancouver, Bogota, Dakar, Dubaï, Singapour et Boston.

A lire aussi


Les dernières annonces judiciaires
Les dernières annonces légales

Communication financière

Wafabail: Résultats au 31 décembre 2019

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.