Maroc-UE: l’accord de pêche paraphé

Il aura fallu un an et demi et six rounds de négociations pour parvenir à un accord. Les deux parties ont annoncé ce matin la conclusion d'un nouvel accord autorisant 126 bateaux européens à pêcher dans les eaux marocaines pour 4 ans.  

Maroc-UE: l’accord de pêche paraphé

Le 25 juillet 2013 à 14h31

Modifié 25 juillet 2013 à 14h31

Il aura fallu un an et demi et six rounds de négociations pour parvenir à un accord. Les deux parties ont annoncé ce matin la conclusion d'un nouvel accord autorisant 126 bateaux européens à pêcher dans les eaux marocaines pour 4 ans.  

Après un an et demi de négociations stériles, le Maroc et l'Union Européenne ont enfin conclu un nouvel accord de pêche. Réunis à Rabat ce 24 juillet, le ministre marocain de l'agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, et la commissaire européenne aux affaires maritimes, Maria Damakani, ont ainsi mis fin à une crise diplomatique qui dure depuis décembre 2011, date à laquelle le parlement européen avait annulé le prolongement de l'ancien accord conclu en 2007 et qui autorisait 137 navires européens à pêcher sur les côtes marocaines contre une contribution financière de 36,1 millions d'euros.

Pour autant, tout n'est pas encore joué. Contrairement à l'ancien accord, le nouveau protocole de pêche ne prendra pas effet immédiatement. Il sera soumis à l'aval des députés marocains et européens. Si la procédure législative marocaine ne devrait pas poser problème, les inquiétudes (des pêcheurs et du gouvernement espagnol) viennent du parlement européen. En effet, les raisons pour lesquelles les eurodéputés avaient annulé l'ancien accord relèvent de considérations politiques, soulevées par des ONG.

La campagne Fish Elsewhere (Allez pêcher ailleurs) défendait notamment à l'Europe d'inclure le Sahara marocain dans l'accord de pêche. Ce qui a conduit au rejet de l'accord par le parlement européen en décembre 2011. L'accord était entré en vigueur immédiatement en attendant sa validation par le parlement.

L'annonce de cette annulation avait provoqué la colère de Rabat et la surprise sur la scène politique internationale, puisque le parlement européen n'avait encore jamais remis en cause un accord commercial. Près de 200 députés avaient voté contre le protocole de pêche, notamment sous la pression du rapporteur du comité pêche au sein du parlement, le finlandais Carl Haglund. “En l'état actuel de l'accord, ce serait principalement à tort de recommander que le Parlement donne son consentement à l'extension d'un protocole présentant tant de défauts apparents”, avait-il alors déclaré à la presse.

Mais tous les Etats-membres n'avaient pas soutenu le rejet de l'accord. L'Espagne avait tout de suite réagi et n'a cessé depuis de mettre un coup de pression à Bruxelles pour que les négociations avancent. Et pour cause : si l'Europe constitue le plus grand marché des produits de la mer au monde (dont 60% sont importés), l'Espagne est à elle seule le troisième plus grand importateur mondial (5,2 milliards de dollars) derrière les Etats-Unis et le Japon.

C'est en raison de ces péripéties que le Maroc n'a pas accepté le souhait espagnol d'une entrée en vigueur immédiate du nouvel accord, en attendant sa validation par le parlement européen.  

Le ministre espagnol de l'agriculture, Miguel Arias Canete, n'a d'ailleurs pas hésité à féliciter le roi du Maroc dès la conclusion de ce nouvel accord. Dans une déclaration à la presse espagnole, il considère “cette démarche très positive, d'autant plus qu'il y a une flotte amarrée depuis décembre 2011. Avec l'approbation de l'accord aujourd'hui, nous avons mis en place tous les mécanismes pour qu'il puisse entrer en vigueur dès que possible”. En effet, une centaine de navires espagnols sont bloqués sur les rives marocaines, une situation des plus déplaisantes pour le voisin espagnol, qui compte sur la pêche pour réduire les effets de la crise.

126 navires et 40 millions d'euros

Quant au contenu de ce nouvel accord, il faut dire qu'il porte sur 126 navires européens au lieu de 137 dans le cadre de l'ancien protocole. La contrepartie financière est plus élevée : 40 millions d'euros dont 14 millions dédiés à la poursuite de la mise en oeuvre du plan Halieutis. Maria Damakani assure que cet accord s'inscrit dans la ligne de la politique commune de la pêche. Interrogée par la presse sur la suite des évènements, elle répond sobrement : “je ne peux pas prévoir la réaction des parlementaires européens. Je suis ici pour signer le protocole, qui respecte le droit international et les droits de l'homme”.

Elle ajoute que les navires européens ne pêcheront que le surplus, et respecteront les réserves halieutiques marocaines. Quant à l'épineuse question relative aux côtes sahariennes, la commissaire européenne a insisté sur la répartition équitable de la contribution financière entre tous les marocains. Aziz Akhannouch, lui, a rappelé que l'accord porte sur les côtes marocaines, “de Tanger à Lagouira”.

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