Abdelaziz Aftati à Tanger: «Si Chabat veut partir, qu’il parte !»

Tacticien et stratège. Membre du parlement depuis 1997. Orateur. Sens de la formule. Il séduit son audience par son ton virulent, «de classe», non-dénué d’humour, féroce si nécessaire envers ses adversaires politiques : c’est ainsi que se révèle le député d’Oujda Abdelaziz Aftati.  

Abdelaziz Aftati à Tanger: «Si Chabat veut partir, qu’il parte !»

Le 17 juin 2013 à 13h12

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Tacticien et stratège. Membre du parlement depuis 1997. Orateur. Sens de la formule. Il séduit son audience par son ton virulent, «de classe», non-dénué d’humour, féroce si nécessaire envers ses adversaires politiques : c’est ainsi que se révèle le député d’Oujda Abdelaziz Aftati.  

Abdelaziz Aftati était l’hôte samedi 15 juin de l’Espace marocain des professionnels pour s’exprimer sur la «Gouvernance et du développement» face à une assistance de dirigeants de PME et de militants. Agenda : libre-échange, fiscalité, Caisse de compensation, train de vie de l’Etat et les frictions avec l’Istiqlal.

Limiter les niches fiscales

Sur le libre-échange et comme faisant écho aux récents remous créés autour de la visite du chef du gouvernement turc Tayyeb Recip Erdogan à Rabat, Aftati a souligné l’importance de revoir les termes de certains accords commerciaux signés par Rabat mais sans toutefois avaliser la méthode de protestation employée par la CGEM dans le cas turc, celle du refus de participer aux rencontres B2B prévues entre hommes d’affaires des deux pays. M. Aftati a notamment critiqué ce qu’il a appelé «la vision monopolistique qu’a la CGEM de la représentation du patronat».

Sur  la fiscalité, Aftati a indiqué que «tout sera fait pour que les riches exploitants agricoles paient leurs impôts à partir de l’année prochaine». L’exonération fiscale dont bénéficie le secteur expire à fin 2014.

Aftati a rappelé les chiffres des niches fiscales : «Plus de 36 milliards de DH qui profitent en grande partie au secteur de l’immobilier» qui par ailleurs a jugé Aftati «ne remplit pas ses obligations vis-à-vis de l’Etat et des classes populaires». «On vend du logement  social à 250.000 DH avec des sommes au noir» a-t-il protesté. Aftati  a rappelé que contrairement à ce que demande l’Istiqlal, «il est hors de question d’avoir un seul ministère des finances et du budget», une récente revendication de Hamid Chabat qui conteste la présence du PJD au Budget.

16 millions de Marocains concernés par les subventions

Plus généralement, Aftati a revendiqué que «le PJD est là pour servir les plus faibles». En écho à la déclaration d’Abdelilah Benkirane sur le fait que le PJD a pour objectif de servir ses électeurs d’abord, les moins nécessiteux ensuite. Pour Aftati, ce sont «les plus faibles d’entre nous que la réforme de la Caisse de compensation doit servir ; ils sont plus de 16 millions de Marocains», allusion aux possibles bénéficiaires du système de compensation à l’étude.                                                             

L’élu Aftati a rappelé que ce sont les classes moyennes et aisées qui bénéficient arithmétiquement le plus, des subventions publiques. Les dépenses de la Caisse de compensation doivent passer de 55 milliards de DH en 2012 à 42 milliards de DH en 2013 a indiqué le ministre des Affaires générales Mohamed Najib Boulif le 14 juin dernier (medias24.com). Sur ces 55 MMDH, plus de 48 MMDH sont des subventions aux produits pétroliers (32,4 MMDH) et au gaz butane (15,8 MMDH) !

Dans la conjoncture actuelle, les questions de la presse ont beaucoup porté sur les relations entre le PJD et son allié de l’Istiqlal qui compte à la Chambre des représentants 60 députés soit près de 2 fois moins que les islamistes qui en comptent 107.

«Chabat tient un double langage»

«Si Chabat veut quitter la coalition, qu’il la quitte», réplique Aftati à une question sur le futur de la coalition gouvernementale. «Mais, a martelé Aftati, dans ce cas de figure c’est l’article 47 qui s’applique, pas l’article 42», indiquant que «désormais, plus de 30 jours après la décision des Istiqlaliens, la majorité des analystes et des commentateurs politiques pensent que c’est l’article 47 qui joue car c’est un différend entre partis, pas entre institutions comme voudrait le faire croire l’Istiqlal».

Aftati enfonce le clou. Il signale que «le P.I. est habitué aux conflits et à la violence en son sein», rappelant les épisodes régionaux «historiques et meurtriers» qui ont eu pour cadre Dar Bricha à Tétouan dans les années de l’Indépendance. Il rappelle la scission entre le PI et l’UNFP en 1959.

Karim Ghallab ciblé

Aftati pousse la critique de l’Istiqlal et rebondit sur les échanges aigres entre le président istiqlalien du parlement Karim Ghallab et Abdelilah Benkirane du milieu de la semaine dernière. Ghallab avait déclaré que Benkirane n’était qu’«un parmi 666 », entendre un élu de la Nation parmi les 666 députés et conseillers. Aftati enfonce le clou et suggère à Ghallab d’être cohérent et de démissionner comme veut le faire Chabat car «il est sur la photo avec lui les bras en l’air en signe de victoire» après le fameux vote istiqlalien du 11 mai dernier.

Aftati poursuit le déballage. Il souhaite que les réunions des leaders des partis de la majorité n’aient plus lieu. «Au cours des réunions, tout le monde est d’accord sur tout, y compris Chabat» dit Aftati. «Mais dès qu’il sort, il tient un discours différent. Chabat clame qu’il est en désaccord avec la politique de Benkirane mais les gens ne savent pas pourquoi».

Avec les échanges sur la gouvernance, la politique et les idées, surgit le sujet de l’état piteux du système d’éducation nationale. «Bien sûr que nous songeons à sa réforme, indique Aftati ; il faut le réformer. L’éducation c’est ce qui reproduit le modèle social».


 

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